Thurot, II
3. Un protestant, dit Doniergue, prononce par respect toutes les lettres de Jésus et de Christ. (Thurot, II, 23.) Un catholique croit être aussi respectueux pour son Dieu en prononçant : Jézu-Kri : il est vrai qu'il dit aussi le Krisle.
4. IV, 231, 165 : <■ se prononce Abrahan » de 1625 à 1639 (Thurot, II, 475).
ces rimes bizarres, en se rappelant que, pas plus au xvii'' siècle que de nos jours, il n'y avait de règle fixe pour l'orthographe des noms propres '. Enfin nous ne devons pas nous montrer plus sévères à l'égard des poètes classiipies que les plus grands romantiques ne l'ont été pour eux-mêmes. Hugo ne craint pas de dire :
Non, remparts, non, clochers superbes, non jamais Je n'oublierai Strasbourg et je n'oublierai Metz 2.
Les modernes citeraient volontiers comme excuse les exemples analogues tirés des classiques. Et pourtant, comme je crois l'avoir déjà démontré pour les autres poètes du xvd" siècle et pour Racine lui-même, leurs rimes étaient souvent plus exactes pour l'oreille de leurs contemporains, c'est-à-dire présentaient beaucoup moins de licences, que nous ne serions tentés de le supposer. Ce qui ne veuf pas dire que Racine, pas plus que Corneille, La Fontaine ou Molière, recherchât la rime riche ^ C'est l'impression qui se dégage de tout ce que j'ai pu déjà dire et citer. Il suffirait de prendre au hasard une page de Racine pour s'en convaincre. Racine est loin d'être sur ce point disciple de Malherbe ni même de Roileau. Il ne tient pas à accoupler des rimes inédites. Il ne se pique pas de rimer très exactement pour l'œil. Il se contente souvent d'à peu près pour l'oreille : ses assonances sont en général exactes, et les grandes défaillances sont rares. Enfin ses rimes n'ont rien de très éclatant comme sonorité ''. C'est Xaurea mediocritas.
1. « Nous n'avons point sur ceci de règle certaine : on doit consulter son oreille et l'usage. » (L. Racine, Remarques, I, 357.)