‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 23 sur 247 · Cf. Tlnirot, II · texte numérisé non relu

Cf. Tlnirot, II

Et n'y a rien eu quoi désormais on contemple.

Ne vous ont pu mouvoir à lui estre plus doux.

Ces pieds qui en hiver faisaient dessous leur plante.

Caen qui en te perdant....

S'aigrit contre les cieux qui ne lui ont coupée.

Qui eussent alenti d'un tigre le courroux.

Si une àme pouvait....

Si tu as chéri....

Tu avais défendu....

Ce trésor qu'ici-bas tu avais eu si cher.

Ton Fèvre, et ton Fanu, et ton Malherbe aussi.

Depuis que tu es morte....

Donques il t'a fallu en la fleur de ton âge.

Pendu ores au croc...

Celui qui fou osait attendre leur lumière '.

Ce nombre remarquable d'hiatus prouve qu'au moment où Malherbe faisait ses débuts, il ne songeait pas à imiter même les faibles scrupules des contemporains qui, obéissant à un simple instinct, avaient une tendance à éviter les rencontres de voyelles. Les hiatus que l'on remarque dans ses autres œuvres figurent seulement ou bien dans les essais du début oi^i l'on voit qu'il ne s'était pas fait encore de principes, ou bien dans ses dernières ébauches, qu'il n'avait pas eu le temps de corriger et de conformer à sa doctrine. Dans les deux cas, la même conclusion s'impose : Malherbe fait naturellement des hiatus, parce que, en général, l'hiatus n'a rien de très choquant, parce que, en particulier, son oreille ne l'avertit pas sur le moment même qu'il vient de commettre ce genre de faute : puis, à la réflexion, il supprime ce qui hii paraît choquer non son oreille, mais ses théories. Comme un bon jardinier, taillant ses arbres, coupe tous les sauvageons, ainsi Malherbe, laborieux génie, supprime à loisir dans ses vers tout ce qui a poussé trop vite et irrégulièrement. Bien peu de ces irrégularités du reste lui ont échappé : dans les œuvres de jeunesse, je ne connais que ces trois exemples-ci :

Vous voyant sans beauté, et moi rempli d'honneur ^.

Je dirai : « Autrefois cette femme fut belle ^ ».

Je demeure en danger que l'âme qui est née. (I, 9, 137.)

1. Gasté, p. 37 et suiy. , passim. — Cf. sur cette pièce, Allais, p. 54-55.

2. I, 3, 22. Ménage se trompe donc lorsqu'il dit : « l^emarquez ce bâillement qui est d'autant plus remarquable qu'il est le seul qui se trouve dans les poésies de Malherbe, et que, d'un autre côté, Malherbe ne pouvait souffrir ces bâillements » (p. 242).

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