REGLE I
Malherbe défend à ses disciples de faire rimer ensemble le simple et le composé comme temps Qi printemps ^ séjour elJoti)'{l, lxxxii). A ce titre il critique chez Desportes les rimes de tour et retour (IV, 3Zi8), saillir et tressaillir (p. 376), armes et alarmes (p. 366), cède et excède (p. 359), vue et entrevue (p. 3/i9), pris et surpris (p. 266), etc. Ses critiques sont sobres, parce qu'il n'y a qu'à constater le délit pour le faire comprendre; il met en marge : simple
1. Cf. le Chapitre sur .Molière, § IV. — Cf. Brunelière, V Évolution des genres, t. I, p. 57-59, 63, 85; Robert de Souza, le Rythme poétù/ue, p. 67-68.
2. I, Lxxxiii. « Turhaii, liban. Malherbe affectait ces rimes neuves; je veux dire ces rimes de mots extraordinaires.... Et en elTet elles plaisent par leur nouveauté. » (Ménage, p. 360.)
3. Question du reste très controversée : ■< Je fus bien étonné d'entendre, il y a quelques années, l'un de nos plus célèbres académiciens, feu M. Suard, dire en faveur de la rime qu'outre qu'elle était nécessaire, souvent on lui devait des inspirations et des beautés qu'on n'eût point trouvées sans l'examen et l'attention nécessaires à sa recherche. » Mémoire sur la versification, par le comte de Saint- Leu (Louis Bonaparte), .MDCCCXIX, p. 29-30.
LA RIME. 3g
et composé, mal rimé, conjugata, cette rime ne vaut rien, ridicule rime. Une seule fois il est un peu plus long :
Mon cœur s'ouvrit par le milieu, Alors qu'au partir de ce lieu.
« Milieu et lieu riment comme font mijour et jour, michemin ei chemin, minuit ^\. nuit, etc. » (p. 351).