‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 25 sur 247 · LEVOL. DU VERS FR · texte numérisé non relu

LEVOL. DU VERS FR

34 LA VEBf^IFICATION DE MALHERBE.

quintcssenciéssur des nuances de prononciation, ce théoricien, dis-je, peut bien être proclamé, sans abus des formules littéraires, l'ancêtre des Parnassiens '. Tous les fondeurs d'Émaux, tous les sculpteurs de Camées, ne seraient-ils pas en effet surpris de retrouver leurs procédés les plus récents dans ce bon vieux passage où Racan rapporte la doctrine du maître : « La raison qu'il disait pourquoi il fallait plutôt rimer des mots éloignés que ceux qui avaient de la convenance est que l'on trouvait de plus beaux vers en les rapprochant qu'en rimant ceux qui avaient presque une même signification ; et s'étudiait fort à chercher des rimes rares et stériles, sur la créance qu'il avait qu'elles lui faisaient produire quelques nouvelles pensées, outre qu'il disait que cela sentait son grand poète de tenter les rimes difficiles qui n'avaient point encore été rimées ^ ». Peut-être Malherbe confondait-il ainsi la poésie et la versification ^. Toujours est-il que le reste de son système, analogue à ce premier principe, forme un tout compact, un ensemble solide. Pour mieux analyser sa doctrine, et pour pouvoir plus tard en mieux suivre dans le détail l'influence sur les grands poètes ses successeurs, le plus simple est de numéroter les quelques règles qui constituent son enseignement.

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