‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 41 sur 247 · Remarques, éd. Chassang, I · texte numérisé non relu

Remarques, éd. Chassang, I

« Faute en la césure, dit-il, car hâtive s'aspire et par conséquent est tenu comme consonnanle. » (IV, /il6.) 11 n'admet pas non plus qu'on tourne la difficulté en remplaçant Xe muet par une apostrophe :

Grand'amour en grand'hiUnc est souvent convertie.

« Grande haine, dit-il : Vh est aspirée » (p. /i28).

De même pour l'élision de Vi dans si : « S' elle peut brûler », dit Desportes. Malherbe met en marge : si (IV, 291).

Sera près de mon cœur, s'elle est loin de mes yeux.

« S'elle mal pour si elle » (p. 323) :

S'eWe était sans rigueur, ce ne serait plus elle.

« Si ne se mange jamais, et faut dire si elle '. »

Cette question étant, comme nous l'avons vu, beaucoup plus importante que pour les cas où la différence d'orthographe n'intéresse que l'œil et nullement l'oreille, Malherbe conforme plus rigoureusement ici sa pratique à sa théorie. Là où nous constatons chez lui une orthographe bizarre, il y a le plus souvent conformité entre la forme et la prononciation de son temps : c'est de l'orthographe phonétique. C'est ainsi qu'il écrit segond, segret, au lieu de second, secret, parce qu'on prononce autour de lui : se gond, etc. -. Lorsqu'il met à la rime dédagner au lieu de dédaigner.

Ton infidèle foi maintenant je dédagne (F, 9, 131),

c'est très régulier, parce que de Ronsard à Malherbe on prononce

dédagner, se bagner, et que la prononciation actuelle ne prédomine

qu'au milieu du xvii'' siècle ^ Ce n'est pas pour la rime que le poète

écrit :

Qu'à peine en leur grand nombre une seule se treucc. De qui la foi survive, et qui fasse la preuve.... (I, 59, 28.)

Car il écrit le mot treuver de la même façon en prose \ Il en est de même pour le cas suivant :

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