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ET LES RÉFORMES MONÉTAIRES DEPUIS

Parmi les conséquences inattendues d’une paix qui en a comporté bien d’autres et de moins heureuses, se place la surprenante résurrection de la Pologne libre.

Au début des hostilités, les co-partageants d’autrefois se trouvaient en lutte les uns contre les autres.

Il fallut donc la défection russe pour lever tous obstacles du côté des alliés et leur permettre, sans froisser les intérêts de l’un d’eux,de réparer le crime du xvine siècle, et d'annuler ce partage de la Pologne

* qu'un orateur illustre appelait « Le péché mortel de l’Europe ».

Si la résurrection de la Pologne tient du prodige, sa réorganisation n’en tient pas moins. Administration, armée, finances, justice, tout dépendait de Pétersbourg, de Vienne ou de Berlin, suivant la Puissance à laquelle avaient appartenu les territoires. Il fallait rassembler les trois parties en une

seule, faire des trois provinces séparées depuis plus d'un siècle une Nation homogène. C'était une tâche immense. Le peuple poionais, confiant dans son avenir, l’a vaillamment entreprise, et livré à ses seules forces a failli la mener à bien. Si, dans des jours récents, le concours étranger lui a été nécessaire, il n’en demeure pas moins que la Pologne n’a cessé d’être, depuis sa rénovation, un exemple vivant d'énergie auquel il convenait, dès le début de

cette étude, de rendre hommage.

Cette œuvre, d’ailleurs, a été facilitée par la situation exceptionnelle que ce pays occupe dans l’Europe Centrale, tant du point de vue géographique que du point de vue économique, et sur laquelle il convient dès maintenant de jeter un coup d'œil.

L'agriculture en Pologne.

La Pologne est avant tout un pays agricole, 65 % de sa population vit de la culture du sol.

Les terres arables occupent au total 48 % de sa superficie, tandis qu’elles n'occupent en Allemagne que 46 %,en Russie d'Europe 25 %,en France 41%, en Grande-Bretagne 27 % eten Italie 44%.

La production agricole de la Pologne fournissait

en 1923,13.000.000 de quintaux de froment, 59 millions de seigle, 16 millions d'orge, 35 millions d'avoine, et 264 millions de pomme de terre. On voit donc que le seigle et la pomme de terre constituent la base fondamentale de la production.

Il faut distinguer en Pologne la petite et la grande propriété.

Le plus grand émiettement de la propriété se trouve en Pologne méridionale où prédomine le type des exploitations agricoles naines,c'est-à-dire ayant moins de 2 hectares, incapables, en conséquence, d'assurer à leurs propriétaires une existence indépendante.

La grande propriété foncière comprenait autrefois dans les palatinats de l'Ouest 53 % de la superficie, dans la Silésie 51 %, dans les palatinats du midi 31 %.

Mais, dès le milieu du siècle dernier,le morcellement de la grande propriété commença par les ventes que firent les gros propriétaires terriens principalement aux Israélites. Depuis la guerre, il fut accéléré par le commencement d'exécution que reçut la loi agraire. :

Cette loi, à l'encontre de celle qui fut promulguée chez les soviets, et qui constitue une véritable spoliation, dépossédait les propriétaires terriens moyennant une indemnité préalable assez semblable à celle qui existe en France au cas d'expropriation pour cause d'utilité publique. :

Certaines dispositions spéciales ia caractérisent :

La réforme doit être entièrement réalisée par les organes administratifs de l'Etat.

La grande propriété est soumise à l'expropriation forcée, soit en entier,soit en laissant au propriétaire un certain minimum de terrain.

Uneindemnité est due pour les terrains expropriés.

Des privilèges sont accordés aux soldats et aux ouvriers agricoles. Des mesures très sévères sont prises contre le morcellement et l’abus de la spéculation (1).

Cette loi reconnaissait théoriquement la possibilité de procéder au rachat forcé des terres et au parcellement officiel, sans limiter en quoi que ce soit les proportions générales de cette action au point de vue du temps, ni de l'étendue.

Une nouvelle loi du 28 décembre 1925, tenant compte des nécessités économiques et budgétaires, établit un contingent déterminé de terres soumises dans le délai de 10 ans au parcellement obligatoire, 2.000.000 d'hectares en 10 ans, soit 200.000 hectares par an.

Pendant ces dernières années, ont été morcelés plus de 700.000 hectares détachés des grandes propriétés, ce qui n’a pas été sans produire une répercussion sensible sur le marché et sur l’approvision-

nement des villes.

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