C. — LE CUIVRE
La Russie est extrêmement riche en gisements de cuivre. Ce métal se trouve sous la forme de sulfures ou d’autres combinaisons chimiques telles que le minerai vert, bleu, azur, rouge et la malachite.
Au début du xix® siècle, la construction des machines était peu développée et l’industrie électrique, grande consommatrice de cuivre, n'existait pas. La demande du marché intérieur était alors si faible que les cuivres russes cherchaiïent des débouchés à l'étranger.
C’est au cours de la période 1820-1830 que l'exportation a atteint son maximum.
Les principaux centres de l’industrie du cuivre étaient situés dans l’Oural et au Caucase. La Finlande ne possédait qu’une seule usine ; l’Altaï et la Steppe Kirghiz n'avaient qu’une production insignifiante.
En 1893, la production totale du cuivre en Russie a été de 338.000 pouds obtenus par la fusion de 8 millions 868.321 pouds de minerai.
Pour la même année, l'importation s'élevait à 850.000 pouds. Le droit de douane était alors de 2,50 rouble-or par poud ; ce tarif élevé protégeait les industries de la Russie, riche en pyrites et en minerais divers, aussi était-il permis d'espérer que l’industrie du cuivre allait prendre de l’extension.
L'industrie du cuivre dans l’Oural, prospère à ses débuts, avait subi en 1882 une crise dont elle se relevait à peine vers 1895. Les causes de cette crise étaient :
d’une part, la concurrence étrangère, d’autre part, la raréfaction du charbon que les métallurgistes utilisaient de plus en plus pour la production de la fonte.
En 1898, l'importation atteignait 144.500 quintaux de cuivre. \
Parmi les usines les plus importantes, il convient de citer : les Usines Demidoff et les Usines Bogolovski. Ces dernières utilisaient l’électrolyse ; la maison Siemens et Halske, par le même procédé, obtenait le cuivre à un état de pureté presque absolu (99%), résultat remarquable pour l’époque.
Jusqu'en 1906, la production totale du cuivre était inférieure à 10.000 tonnes. En 1907, il s’est fondé le Syndicat du Cuivre, qui a groupé toutes les Sociétés appartenant à cette industrie, auxquelles il donna une vigoureuse impulsion. Ce syndicat a développé particulièrement le procédé électrolytique et il est arrivé à assurer la répartition des diverses qualités de métal correspondant aux divers besoins des consommateurs.
Le tableau suivant, extrait de l’ouvrage cité d’'Edmond Théry, indique l’accroissement des importations de cuivre de 1907 à 1911.
Production, Importation et Consommalion du Cuivre (en milliers de pouds)
Production Consommation Déficit Années nationale 1907 885 1.109 224 1908 1:683 LYS 142 1909 1.134 1.296 162 1910 17978 4.709 331 1911 1.564 1.902 338 Augmentation en 1911
Totale 679 193 114
Au cours des dernières années qui ont précédé la guerre de 1914, les capitaux anglais ont joué un rôle important dans le développement de l'industrie du cuivre. Parmi les Sociétés qui s'étaient constituées à cette époque, la plus importante était la Kyichim Corporation, dans l’Oural, qui produisait annuellement 9.000 tonnes environ. Ces usines avaient remis en exploitation d'anciennes mines de pyrites de cuivre abandonnées ; elles en extrayaient de grandes quantités, traitées au procédé électrolytique, qui étaient entièrement absorbées par le marché intérieur,
Le succès des mines de Kytchim avait incité les capitalistes anglais à créer d’autres sociétés dans l’Oural. Des prospections faites à de grandes profondeurs avaient fait découvrir d'importants gisements et l’afflux des capitaux permettait de doter les mines et les usines de l'outillage le plus perfectionné.
Parmi les régions cuprifères de la Russie, le Caucase,
par suite de sa situation géographique, était le mieux situé au point de vue de la facilité des exportations. Certaines de ses mines sont d’une richesse exceptionnelle ; mais leur développement était arrêté par le manque de chemins de fer. En 1916, le district de Zangezursky utilisait encore des chevaux pour assurer sa liaison avec le chemin de fer.
En Sibérie occidentale, les capitalistes anglais ont été les premiers à mettre en exploitation les mines de la province d’Akmolinsk. Là, comme dans beaucoup d’autres régions, l'exploitation était difficile, par suite du manque de moyens de transport. Le Gouvernement avait décidé de construire des chemins de fer qui auraient amélioré la situation de l’industrie du cuivre. On fondait de grandes espérances sur la Sibérie occidentale, dont la production semblait devoir être absorbée par le marché intérieur, alors que le Caucase semblait destiné à l'exportation, pour les raisons exposées ci-dessus. ‘
En général, les mines et les usines créées depuis le début du xx® siècle étaient équipées avec un outillage perfectionné. Quant aux anciennes exploitations, elles étaient résolument entrés dans la voie du progrès et elles se modernisaient progressivement. L'industrie du cuivre était, d’ailleurs, protégée par des tarifs douaniers atteignant 80 francs par tonne.
En 1913, les productions étaient les suivantes :
Cuivre fondu de lOural ....... 16.000 tonnes — AC AUCASCME SEE 9.000 — — de la Sibérie ..... 5.600 —
Cuivre électrolytique ......,... 1.400 —
Cette production de cuivre fondu, d'environ 30.000 tonnes, se maintenait à ce chiffre moyen pendant les dernières années qui ont précédé la guerre. En 1916, la production des Mines de Demidof (Prince San Donato)
et de Bogoslovsky étaient respectivement de 2.200 et 4,200 tonnes.
D. — LE PLoms.
Malgré les quantités considérables de plomb argentifère de la Sibérie et du Caucase, la Russie importait presque tout le plomb dont elle avait besoin.
Vers 1897, la Société de l’Elborouz s'était fondée pour exploiter les minerais de la vallée du Kouban, sur le versant nord du Caucase, mais elle végétait faute de capitaux et par suite de la baisse des prix du plomb à l'étranger. Les mines de plomb argentifère de l’Altaï ont été exploitées, de 1835 à 1860, par le « Cabinet de l'Empereur », organisme chargé d'utiliser les ressources du domaine de la Couronne. Leur production était tombée de 50.000 pouds en 1882 et 18.000 en 1897.
Quelques années avant la guerre, certaines mines avaient été remises en exploitation au moyen de capitaux anglais. |
En 1898, l'extraction atteignait 2.214 quintaux ; l'importation s'élevait à 35.000 tonnes, dont 296.000 quintaux en saumons et 36.000 quintaux en Me tuyaux et articles divers.
La région de l’Altaï contient plus de 400 dépôts de plomb argentifère ; mais le manque de capitaux et l’absence de moyens de transport entravaient cette indus-
trie. Le Gouvernement se proposait de remédier à cette situation en relevant les droits de douane établis sur le métal étranger.
La plus grosse partie de l'extraction venait du Caucase.
Au début de la guerre, il n’était fondu que 800 à 900 tonnes de plomb, alors que l'importation dépassait 48.000 tonnes.