‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 31 sur 127 · Machines et produits divers · texte numérisé non relu

Machines et produits divers

La fabrication des moteurs à gaz et à pétrole a fait ses débuts vers 1890.

En 1896, 11 usines seulement construisaient des turbines hydrauliques pour faibles chutes, les seules qui à cette époque étaient utilisées en Russie.

Les machines et appareils divers utilisés dans l’exploitation des mines, tels que les pompes d’épuisement, le matériel de sondage étaient en grande partie fournis par l’Angleterre.

Les organes de transmission : paliers, poulies en fer et en bois, étaient fabriqués en Russie et l'importation était relativement peu considérable.

La distribution d’eau dans les villes et les usines avait

J. Ordinaire à gt:

développé la fabrication des pompes à partir de 1880 ; aucune usine ne se spécialisait dans ce genre de matériel, mais cette industrie avait pris rapidement un dévelopepement important, bien que l’étranger continuât à en fournir une grande quantité.

Les machines-outils pour le travail des métaux et du bois étaient fabriquées depuis longtemps, mais c’est seulement dans les dernières années du x1x® siécle que certaines usines se sont spécialisées dans cette fabrication en se bornant à copier les modèles des maisons étran gères les plus réputées. :

Les premiers essais de construction des machines textiles remontent à 1880, pour les métiers à tisser ; les machines à filer, à teindre et à apprêter venaient surtout de l’étranger.

Ce n’est que vers 1871 que l’industrie des machines agricoles entra dans une phase active à la suite de l’émancipation des serfs. Cette industrie s’est accrue rapidement malgré l'importation étrangère qui, jusqu’à 1885, était facilitée par l’entrée en franchise des machines agricoles. Par la suite, les droits perçus étaient inférieurs à ceux payés par la plupart des autres machines. Le développement de cette industrie, malgré cette circonstance défavorable, s'explique par le fait que les fabricants russes arrivaient à établir des types de machines adaptés aux besoins des différentes régions agricoles, besoins qui dépendaient de la nature du sol et des conditions climatériques. Les machines les plus compliquées, telles que les moissonneuses-lieuses et les batteuses à vapeur étaient importées, des Etats-Unis pour les premières, d'Angleterre et d’Allemagné pour

les autres. La France ne fournissait alors que des trieurs et des appareils pour la culture de la vigne et la vinification.

Les machines anglaises avaient été les premières introduites sur le marché russe et elles avaient considérablement contribué au développement de l’agriculture. En raison de l'habitude, les paysans russes les préféraient à celles des autres pays et si 75 % des machines agricoles utilisées en Russie étaient d’origine allemande et anglaise, on peut dire que la part de l’Allemagne ne dépassait pas 25 %.

La Suède avait commencé à introduire ses moissonneuses-lieuses dans Îles provinces Baltiques et ces machines gagnaient progressivement le marché intérieur. L’Angleterre et la Suède fournissaient pour les machines agricoles des moteurs à huile lourde dont la demande augmentait en raison du prix croissant du bois. Quant à l'Allemagne, elle commençait à lancer l'usage des charrues mécaniques.

Les machines pour les moulins à blé, les machines et appareils pour la distillation, la fabrication de la bière, la production du sucre de betteraves, étaient en grande partie fabriquées en Russie,

La première machine à fabriquer le papier, construite par l’usine Mantel à Riga figura à l'exposition de 1896.

Il est intéressant de mentionner les machines pour la fabrication des cigarettes car ce sont presque les seules que la Russie exportait,

L'industrie du froid avait fait son apparition très tard, mais elle était entrée très rapidement dans la voie du progrès en raison des énormes quantités de matières

d’origine animale produites en Russie. Parmi ces matières, les œufs et le beurre de Sibérie occupaient une place importante. En 1894 la Sibérie n’exportait que 60 tonnes de beurre ; en 1911 il existait déjà 3.000 laiteries, 500 beurreries et l’exportation du beurre atteignait 56.000 tonnes représentant une valeur de 137.500.000 fr.

La production du matériel de guerre : canons, projectiles, armes à feu et armes blanches était concentrée principalement dans les usines appartenant à l'Etat. Toutefois, des établissements privés, tels que les usines Poutilof, concouraient à cette production.

La fabrication des armes blanches a débuté en 1816 avec le concours d'ouvriers de Solingen ; par la suite grâce à de grands efforts, l’industrie russe était arrivée à produire du bon acier fondu au creuset. Dans plusieurs régions le travail des armes blanches était exécuté par des ouvriers travaillant en chambre.

La fabrication de la coutellerie présentait un caractère spécial : des industriels, même les plus importants, répartissaient les diverses opérations entre des ouvriers spécialisés, ces industriels ne se réservant que le travail de forge et de trempe. Des villages faisaient les couteaux de table et les rasoirs, d’autres les ciseaux ; il s’établissait ainsi une division géographique du travail. Le plus souvent ces opérations se faisaient à la main.

Les outils de charpentier et de menuisier, ainsi que les limes, étaient fabriqués en partie en Russie, mais l'acier nécessaire à ces fabrications manquait, aussi l’importation atteignait-elle un chiffre élevé : vers 1897, 35 millions de roubles.

Les faux et les faucilles étaient fabriquées dans plu-

sieurs usines et dans un grand nombre de petits ateliers appartenant à des ouvriers travaillant pour leur propre compte, mais il en était importé, surtout d'Autriche.

Les fabriques de fer-blanc s'étaient groupées principalement à Saint-Pétershbourg, Moscou, Libau, Odessa. À Batoum, il s’était créé de grandes usines fabriquant des boîtes en fer-blanc et des caisses en bois pour l’emballage du pétrole exporté ; ces usines utilisaient le ferblanc anglais.

Les pelles et les fourches étaient fabriquées soit par des usines spéciales à Saint-Pétersbourg, à Varsovie, à Moscou, dans l’Oural, soit par des ouvriers travaillant en chambre. En 1897, la quantité importée était sensiblement égale à la production nationale.

Pendant longtemps, les chaînes et les fers à cheval étaient fabriqués à la main par des ouvriers travaillant à domicile ; ce n’est que dans les dernières années du xIX£ siècle qu’on vit apparaître les procédés de forgeage mécanique appliqués en usine.

À partir de 1870, la production des clous dans les usines de tréfilerie a remplacé celle des ouvriers en chambre qui travaillaient à la main.

En 1897, des ouvriers en chambre fabriquaient encore des toiles et des filets métalliques de qualité commune ; les articles fins étaient importés. À la même époque, la production des câbles métalliques était inisgnifiante, cet article venait presque exclusivement de l'étranger.

La production de la serrurerie se concentrait dans les gouvernements de Vladimir, de Kostroma, de Toula et de Nijni-Novgorod. Des ouvriers en chambre travaillaient à la main au moyen de procédés rudimentaires,

mais grâce à une grande division du travail et à des prix de main-d'œuvre très réduits, la production arrivait à se maintenir. À partir de 1890 de grandes fabriques bien outillées s'étaient installées dans l’ouest, à Varsovie, à Riga, à Libau. L’importation des articles de serrurerie était très réduite.

Les ustensiles de laiton et de cuivre étaient fabriqués depuis longtemps par des ouvriers travaillant en chambre les ébauches fournies par les usines. Dans les dernières années du x1x® siècle, l’emboutissage au marteau était remplacé par le procédé plus moderne d’emboutissage à la presse.

La fonderie des cloches, groupée dans les gouvernements de Moscou, de Novgorod, de Penza et de Poltava, remontait à des origines lointaines. A Moscou, au xvite siècle on avait fondu une cloche du poids de 180 tonnes.

La fabrication des objets d'art en bronze ou alliages divers, tout en se perfectionnant, ne se développait pas beaucoup, elle se pratiquait principalement à Saint- Pétersbourg et à Moscou.

\ APPENDICE

Renseignements généraux relatifs à l'importation et à la production des machines

Les renseignements suivants sont extraits des statistiques publiées par Arthur Raffalovich dans Russia : lis trade and commerce.

Total des importations de machines textiles, en millions de roubles, conformément aux statistiques russes :

D SE Ne us uns ve, A

un ir de 2,8 LUE SR PSE 1,2 LUE SIREN RER ne 1,5

Importation des machines de tous genres, en millions de roubles, pour la période 1891-1913.

Toutes machines > Années à l'exception Machines agricoles des machines agricoles

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Production russe des machines thermiques pour la période 1900-1912.

(Valeurs en milliers de roubles.)

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Années et Locomobiles à À à pétrole vapeur DE

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