‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 42 sur 127 · Le bois · texte numérisé non relu

Le bois

Les forêts couvraient 39 %, de la surface de l'Empire ; leur répartition est très inégale, elles sont situées principalement dans les régions du nord et du nord-est. En raison de sa grande abondance, le bois a été depuis longtemps la matière la plus employée non seulement dans la construction, mais encore dans la fabrication d’une grande quantité d’objets utilisés par les populations rurales. Les machines-outils n’ont fait leur apparition que dans les grands établissements industriels, par suite du bas prix de la main-d'œuvre et de l’habilité des charpentiers.

Les machines à scier ont été employées les premières, en particulier par les propriétaires de moulins à eau qui adjoignaient une scierie à leur exploitation. Ces premières machines, mal étudiées et souvent en bois, fournissaient un travail médicere : les planches étaient inégales en largeur et en épaisseur, aussi les bois de Suède et de Norvège étaient-ils préférés aux bois russes, à l’étranger. Vers 1840, les machines anglaises, entièrement métalliques, pénétrèrent d’abord dans les régions voisines des ports, puis dans toutes les contrées de la Russie. Ces machines servirent de modèles aux constructeurs russes. Par la suite, les scieries mécaniques utilisèrent les machines nécessaires aux fabrications spéciales telles que celle des placages et des douves.

Au cours de la période 1887-1897, le nombre des scieries s’est élevé de 567 à 1266 et le chiffre de la production est passé de 17 millions à 70 millions de roubles.

Pendant longtemps, l’industrie du meuble se confondit avec la menuiserie et fut une petite industrie rurale. À cette époque, les meublés étaient simples et leur fabrication ne nécessitait pas une spécialisation de la main-d'œuvre. Plus tard, par suite du développement de la vie urbaïne, le menuisier devint ébéniste et les petits ateliers des villes se transformèrent en fabriques travaillant le bois à l’aide de machines. Les plus grandes fabriques s’installèrent à Moscou, Saint- Pétersbourg, Kiew, Riga et Varsovie. Depuis 1870, la fabrication des meubles avait fait de grands progres, non seulement au point de vue de son outillage, mais encore au point de vue de la création des modèles. Au début, les fabricants se bornaient à imiter les modèles étrangers, l’art russe n’existait pas. A partir de 1870, les écoles de dessin se multiplièrent, elles formèrent d’habiles ouvriers et on vit apparaître un style national pur.

Une spécialité autrichienne, la fabrication des chaises en bois tordu, s’introduisit en Russie. Les chaises furent d’abord montées avec des bois de hêtre préparés en Autriche ; vers 1880, on commença à utiliser avec succès les bois russes, très abondants, qui présentaient les mêmes qualités que les bois autrichiens.

De 1887 à 1900, la production des industries du meuble à quadruplé.

La menuiserie proprement dite utilisait beaucoup plus de machines que l’ébénisterie ; son activité s’appliquait au bâtiment, aux constructions navales, aux arsenaux et aux constructions de wagons.

La tonnellerie mérite une mention particulière, car elle occupait un grand nombre d'ouvriers et elle était

répandue dans toute la Russie. Toutefois, ses centres principaux se trouvaient dans les régions viticoles, dans les pays de pêche ainsi que dans les contrées qui produisent le ciment et le naphte. La tonnellerie mécanique fit ses débuts vers 1875, à cette époque le pétrole n'était pas encore transporté par bateaux ou wagons-citernes. La production d’abord ralentie, reprit un essor nouveau dans les dernières années du x x siècle grâce au développement de la fabrication des ciments, et de celle des huiles minérales qui ne peuvent être transportées qu’en tonneaux.

En 1915, la population de la Russie (Europe ét Asie) s'élevait à 182 millions d'habitants ; les forêts fournissaient le bois de charpente pour 150 millions d’habitants. Comme combustible, le bois alimentait le tiers des usines et le quart des chemins de fer et des bateaux à vapeur, il fournissait en outre une matière première abondante aux industries de « Koustari ». L’excédent était exporté.

La surface totale des forêts était évaluée à :

222.530.000 hectares pour la Russie d'Europe y compris la Finlande et le Caucase,

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