Le verre
En 1635, un Suédois du nom de Kokht fonda près de Moscou la première fabrique russe de verre. A l'expiration du privilège de quinze ans qui lui avait été accordé, d’autres industriels créèrent des verreries qui n’eurent pas de succès.
L'industrie du verre, arrêtée à cette époque, ne fut reprise qu’au début du xvirre siècle sous l'influence de Pierre-le-Grand ; des ouvriers russes furent envoyés à l'étranger pour y faire leur apprentissage et deux verreries furent fondées, l’une près de Moscou, l’autre dans le gouvernement de Saint-Pétersbourg. A partir de la seconde moitié du xvrrre siècle, la verrerie entra dans la voie continue du progrès.
En 1830, on comptait déjà 200 verreries ; jusqu’en 1880, le nombre n’augmenta presque pas, mais la production croissait rapidement. En 1897, 294 verreries produisaient annuellement pour 21.583.000 roubles de verre.
Jusqu'en 1870, la plupart des verreries s'étaient établies dans les régions de grandes forêts fournissant un combustible abondant et présentant l'avantage d’être
desservies par un vaste réseau de voies fluviales. À partir de 1870, trois autres régions se développèrent : au Donetz et en Pologne où le charbon fut employé comme combustible, au voisinage de la mer Caspienne où le naphte remplaça le bois ou le charbon.
Les 255 verreries qui fonctionnaient en 1890 ont brûlé pour la fonte du verre, au cours de cette année :
2.431.000 mètres cubes de bois 39.461 tonnes de charbon 6.502 — de résidus de naphte 10.656 — de tourbe.
L'emploi du bois comme combustible procurait une grande quantité de cendres, riches en carbonates de potasse, utilisées dans la fabrication des verres se rapprochant du eristal de Bohême. Cette circonstance a contribué à retarder les progrès de la verrerie jusque vers 1870, époque à laquelle le chauffage au gaz fit son apparition. |
La fabrication de la bouteille constituait la spécialité la plus importante de la verrerie russe, de la bouteille en verre foncé, la plus commune, jusqu'aux bouteilles de luxe ornées de figures et destinées à contenir des eaux-de-vie de choix. La production des bouteilles suffisait presque à la demande intérieure ; l'importation n’avait lieu que par les ports de la mer Noire pour les besoins du commerce des vins de la Crimée et du Caucase.
La fabrication des verres de table, des verres de laboratoire et des verres à vitres était beaucoup moins importante que celles des bouteilles.