‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 97 sur 127 · L'industrie électrique · texte numérisé non relu

L'industrie électrique

Lenine se proposait de «relever la Russie par son : électrification intégrale », mais ce problème présente de grosses difficultés. D’après les fzvestia du 28 mai 1922, l'outillage des centrales électriques était en très mauvais état : 50% des machines étaient hors d'usage et les chaudières des centrales de Pétrograd manquaient de tubes. La construction électrotechnique traversait elle-même une grave crise et il était impossible de renouveler le matériel.

Vers la fin de 1923, cette industrie se relevait malgré de nombreuses difficultés d’ordre matériel et d’ordre financier. La plupart des petites entreprises installées avant la guerre avaient été remises en exploitation et un grand programme venait d’être établi. Ce programme prévoyait la construction de 14 centrales réparties ainsi dans les districts industriels :

3 en Sibérie.

3 dans le district de Pétrograd.

3 dans le district de Moscou.

1 au Donetz.

2 dans l’Oural.

1 à Nijni-Novgorod:

1 à Yaroslaw.

En novembre 1923, certaines stations étaient en cours de construction; d’autres fonctionnaient déjà.

Les trois centrales du district de Pétrograd soft situées à Utkinesavod, Volkhov, Swier. La première était ef exploitation ét sa püissance, dé 10.000 Kw. à cette époque, sera portée ultérieurement à 20.000 Kw. C'est une usine thermique qui utilise comme combustible la tourbe préparée suivant le procédé Makariev.

. Les deux autres usines utilisent l'énergie hydraülique. Celle de Volkhov, dont la puissance est de 50.000 Kxw., ne devait pas être termiriée avant 1995. Celle de Swier (130.000 Kw.) ne sera pas mise en service avant 1928.

Les trois centrales du district de Moscou sont situées à Schattura, Kaschira, Peredatsch. La première produisait 5.000 Kw. en 1923. ét sa püissance devait atteindre 40.000 Kw. en 19325 ; elle utilise la tourbe. Celle de Kaschira, qui fonctionne au charbon gras, produisait 12.000 Kw. en 1923 et devait atteindre 28.000 . 28.000 Kw. en 1925. La centrale de Péredatsch utilise la tourbe ; sa puissance, de 20.000 Kw. en 1923, dévait être portée à 30:000 Kw. en 1924.

On projetait à cette époque la construction d’une quatrième centrale, située à Epifane, à 130 kilomètres de Moscou, au cœur de la région houillère.

Au Donetz, la station de Sterovkaä a été mise en service en 1924, sa puissance atteindra progressive-

ment 40.000 Kw. La production de cette usine, qui utilise le poussier d’anthracite, sera réservée aux mines de la région. On se proposait également de grouper la production de 22 petites usines éparses dans le bassin.

Dans l’Oural, üne station est destinée à l’électrométallurgie.

La station de Nijni-Novgorod (20.000 Kw.), destinée à des usages industriels devait être terminée en 1925.

La centrale de Sthättura à été inaugutée er décembre 1925. Son aliméntation en eau est assuréé au moyen de quatre lacs d’üñe superficie totale de 25 kilomètres carrés, situés à proximité des chämps de tourbe. Grâce au système de chauffe Makariev, le prix du kilowattheure s'établit à un taux exceptionnellement bas et inusité en Russie : 2,25 kopecks, soit un peu plus de 0,01 dollar.

En octobre 1926, le vaste programme d’électrification urbaine et rurale et d'équipement des chutes d’eau, élaboré au cours des années précédentes, n’avait été réalisé qu’en très faible partie, faute de moyens financiers.

D'après le Berliner Tageblait du 15 octobre 1926, des pourparlers étaient engagés entre des firmes allemandes et américaines et le Commissariat de l’Electrification, pour la régularisation du Dniepr et l’aménagement d’une grande centrale hydro-électrique sur ce fleuve.

Le Commissariat de l'Electrification s'était d’abord adressé à Siemens, mais cette maison n’était pas alors en mesure de faire l’avance des frais de ces importants travaux évalués à 150 millions de roubles-or. Le Com-

missariat parvint à intéresser à ses projets la firme américaine Huber et C°. Des ingénieurs de cette firme apportèrent aux projets des modifications de détail qui eurent pour effet d’abréger la durée des travaux, estimée actuellement à deux ou trois ans, et de réduire de 30 à 40 millions les frais d'établissement. Les dernières évaluations prévoient que le montant total des dépenses de l’aménagement du Dniepr ne dépasserait pas 60 à 80 millions de roubles-or.

La maison Siemens n’est pas exclue de la réalisation des programmes d’électrification. Elle pourra collaborer à la construction du chemin de fer souterrain de Moscou pour lequel elle a fourni un projet. Toutefois, la réalisation de ce chemin de fer, comme celle des autres travaux, reste subordonnée aux moyens financiers.

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