PREFACE V
lui (i). Mallieurcuseineiii il iia léalisé qu'une partie de ?ion ^asle programme. II n'a pu revoir que ses u livres ». De plus, dans les chapitres qu'il leur a consacrés, il ne s'occupe guère que des problèmes de la nature et de la grâce, du péché originel et de la prédestination, qui absorbaient toute son attention quand il s'est mis à l'œuvre. Encore n'agite-t-il ces diverses questions que poiu- répondre aux critiques des Pélagiens, qui lui reprochent d'a\oir changé d'avis. Aussi s'applitiue-(-il à attémier les liansformations qui se sont effectuées en lui plulôl qu'à les mettre en relief. Les iii(rKalion> (}u'il nous donne sui- ses di\ers écriis sont tendancieuses et souvent inevactos. \ leur tour, elles demandent à tMie l'évisées. C'est d'après l'eiisendile de ses tia\aii\ qii.e nous devons le juger et non d'après l'idée qu'il s'en est faite sur le tard.
D'autre part^ nous ne pouvons comprendre son (euvre qu'à la condition de bien le connaître lui-même. Augustin n'est pas un pur dialecticien qui ne dépendrait ipie de la raison théori(|iii'. Il s'inspire tout autant et même davantage de ses aspirations et de ses déceptions, des sentiments et des impressions multiples qui se succèdent en son âme. Sa pensée est comme le reflet mobile de sa vie intérieure. Celle-ci doit donc être étudiée de ti-ès jjrès. Lui-même en a esquissé plusieurs fois les principales lignes. Seulement il l'a toujours fait avec des préoccupations dogmatiques pour justifier quelqu'une de ses thèses favorites par des exemples in-isonnels (2). Dans les neul' premiers livres de ses Conienf^ioj}.^, il raconte en détail Inexistence agitée qu'il a longtemps inené.'> iiors du (Catholicisme (?}). Mais il procède en théo-
(i) Ui'lr. l'rnl.. 1 inil. ri ;>.
(2) Voir Ciml. 1. ■,;,/.. lî, .V.") : Dr liml. ril.. ', : /><• nnl.. t. ."(: /><■ ulU cred. 3. 3.
(3) P. Kiirill ;i ('dili' l'om r;if;i' ctilitT en iS^fi diins ]r Cnriniii tic Vienne (vol. XXMV) ot pou après dans ta Collection Tcuhncr de Lcipzip. Des critiques éminents lui oiit reprorlié de suixre ici encore trop exclusivement un iiiaiiusciit d'une valeur douteuse (Voir P. l.ejay dans la Uevue Critiijiii' iS<)S, p. oofi-a'.if). et Eiw. Preusclien daii~^ la l'IirnliKi I/ih-riiliir 7eif., iS()8. p T.^ll-i^o.
De nombreux auteurs ont étudie ou coninu'nlc les Confiisaiona. Parmi les plus réeonis on peut citer surtout:
Ad. Ilarnack, Aiigiislinf; Co/i/c.s.s/o/icn. Oiessen, .188S. in-8°.
Bornemann. Aiuiusl'ui Bekt'nniuis>;i> in ufiicr Lhersi'fzmni uml mit eint'r EinlcitiiiH] (hinjehoien. Coflia. 1888, in-8°,
Otto I.aclmian. Di's. Iiriligcn Aiigiistius Bi'ki'niidnsse iihfrsehl. ein-
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logien bien plus qu'en historien. Il veut tout simplement montrer par sa propre expérience, la corruption native de 1 homme et le rôle bienfaisant de la grâce toujours assuré ici-bas par l'Eglise. Il ne se met en scène que pour s'humilier du mal qu'il a commis, poui- remercier Dieu du bien réalisé en lui et pour amener ses lecteurs à partager sa foi catholique (i). Aussi, à tout instant, il se calomnie afin de mieux affirmer sa misère, il subordonne les influences d'ordre profane qui ont pu produire sur lui un effet bienfaisant à l'action mystérieuse de l'Esprit s 'exerçant en son âme et il médit des hérétiques et des pa'iens, tandis qu'il ne néglige aucune occasion d'exalter ses coreligionnaires. D'ailleurs, il n'a écrit ses Conf élisions que vers sa quarante-sixième année, longtemps après h-s faits (jn'il v raconte, à une époque où il ne pouvait en gardei' (pi un sonvtMiir très vague {■?.). Inconsciemment il reporte à certaines périodes de sa vie divers états d'àme qu'il n'a éprouvés que plus tard. Il anticipe sur le cours normal de son évolution, i.a même tendance se montre déjà, quoique moins accusée, en ses premiers écrits. Les indications autobiographiques qui nous viennent de lui sont si peu sûres qu'assez souvent elles se contredisent. Ici encore une critique minutieuse s'impose constamment. .
Enfin nous n'arriverons à nous expliquer la vie intérieure d'Augustin qu(^ si nous savons bien apprécier l'influence exercée sur lui par les divers milieux 'lont il a dépendu. C'est par eux rpiil a ('té Ibrmé et sur eux qu'il s'est réglé d'abord. Jamais il n'a cessé de subir leur action. A aucun moment, en effet, il n'a prétendu professer une philosophie nouvelle ou un dogme nouveau. Dans ses travaux les jihis personnel-- il ne s'est proposé que
çirji'ilct iiiiil mil A ii iin-rkii niim n'isrlifii . \.f\]y/.\^. l '^ ) i ■ " '-f'I. iiii^,
Doiiai<. I.rs C(iii (l'ssioiis dr Sainl \tiiiusliii. P;iris. i'S,)'>. iii-S".
R. R. A\;irfi('l(t. Tlic Confi'ssiniis cij sainl Anniistiiir . i!;iii< The Amer'n-ini Joiini'il <>/ llicnJoriy, Myù\. ]). 5(U)-.'n'i.
III t)-;i[)n-s Louis Bciiimid ^Sniiil \iHjiistin. p. ;^li'|i. \iij,Misliii inir;.it locoiil;' ^;l \ ic « i)oiir se jii<lificr (irs caionMiics n'-paiidiics sur sa conduite ... l'.i'ii nr lialiil v\u-7. lui une pareille intention. Il <'-eril pour s"arcuser |)!iiImI (nie pour se (lis<ulper. Dans le Conini liH-n -: l''-lilioi!i illl 11-20). il f:ùl allusion à des erilicpies iveenuneni soule\('-es contre sa vie pass<V. Mais ces ciiliques sont postérieures à la n'daciion de« Cortf-'ssions (il>i(l.. -jo fiiii. et il refuse d'y n'poiidre.
(-0 Dans ses Rélnulntions II. >'< ' . sans leui- assinue( aucune date pr.'cise, il les place iiuini'dialcuiciil a\ant le Coniro Finishini, (pii a ('-té ('ciit vers /(oo.