‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 106 sur 525 · Dupré, loc. cit · texte numérisé non relu

Dupré, loc. cit

l'accusé, se trouvait dans des conditions particulièrement favorables pour découvrir la vérité et par suite pouvait surle-champ punir le coupable ou épargner l'innocent. On estime à trois mille environ le nombre des victimes que faisait annuellement le tanguin à Madagascar1 : c'est un des nombreux méfaits imputables à la justice divine ou plutôt à la justice rendue par des moyens divins. — La pénalité hova était digne de sa procédure. Quand, dans une affaire criminelle, le tanguin avait prononcé, l'accusé, s'il n'avait pas succombé au poison était ou étranglé, ou enterré vif, ou jeté dans un précipice. S'il était mort, empoisonné par le tanguin, son cadavre était abandonné aux chiens. Les exécutions avaient lieu publiquement, en présence d'une foule de spectateurs, qui y assistaient avec la plus parfaite indiffé-

rence*.

La criminalité sociale se manifeste à Madagascar, d'abord par une pénalité spéciale, puisque les coupables de haute trahison sont, aujourd'hui encore, brûlés vifs, et surtout par une coutume très analogue au tabou polynésien, par le fadi. Il existe des fadis de diverses espèces. Tantôt le fadi est personnel ; c'est un vœu, un engagement pris par un individu de s'abstenir de tel ou tel aliment, de chair de tortue, par exemple. Tantôt, c'est une tribu, qui s'oblige à s'abstenir de manger du porc. Mais souvent le fadi est un interdit religieux, lancé par le mpanjaka d'un village sur tel ou tel objet, qui, dès lors, revêt un caractère sacré. Arracher une feuille d'un arbre ainsi déclaré fadi devient un crime. Le fadi interdit aussi certains actes, par exemple de travailler pendant la durée des funérailles d'un chef. Enfin il y a encore le fadi mis par un chef sur un individu désigné, qui, à partir de ce moment, est excommunié et avec lequel on ne

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