Ibid., II
prince (panjeron); il leur était interdit de prononcer une sentence de mort et Ton pouvait appeler de leurs arrêts au tribunal du maître, qui visait toujours à exercer un pouvoir absolu1. Antérieurement, quand l'île entière de Sumatra obéissait à un sultan environné d'un énorme prestige religieux, d'un représentant terrestre d'Allah, ce potentat était le grand juge; mais il déléguait ses fonctions à une sorte de ministre de la justice9. On ne discutait pas les volontés de ce demi-dieu; il était au-dessus des lois et ses parents même avaient partout le droit d'insulter, de voler, de battre les sujets, qui n'essayaient pas de résister3.
Chez les Battas, les rajahs s'arrogeaient aussi le droit de vie et de mort; en outre, dans leurs payements, ils donnaient aux chevaux et bisons, qui étaient la monnaie du pays, lellc valeur qu'il leur plaisait \
AAtchin, la justice n'était faite que pour les petits; les grands, les seigneurs féodaux appuyés de nombreux client? planaient au-dessus de ses arrêts5.
Dans File de Java, les anciennes mœurs judiciaires étaient en général plus mal conservées qu'à Sumatra; car l'islamisme avait jeté à Java de plus profondes racines et la justice se basait ordinairement sur le Koran. La cour suprême était sacerdotale et siégeait dans une mosquée. Une autre cour, moins solennelle et plus civile, tenait compte surtout des coutumes traditionnelles et s'efforçait de les mettre d'accord avec la loi musulmane0.
Pour achever mon enquête à propos de la justice dans les petites monarchies barbares, je devrais maintenant parler