Sahagun, toc. cit
d'avoir manqué de respect à leur père. — A Tezcuco, qui nous est mieux connu, il y avait des tribunaux hiérarchisés, et relevant tous d'une sorte de parlement, composé de juges pris dans les diverses cours du royaume. Ce parlement, qui siégeait, tous les quatre-vingts jours, dans la capitale, sous la présidence du roi, faisait surtout la police de la magistrature et condamnait à mort les juges qui s'étaient laissé corrompre1. La pompe de cette cour suprême nous a été décrite par un chroniqueur. Elle siégeait dans le palais même du souverain, tantôt dans une salle appelée tribunal de Dieu, tantôt dans une autre salle appelée tribunal du roi. Bans la première, tendue de tapisseries richement ornées, il y avait un trône d'or surmonté d'un dais de plumes rayonnant autour d'un ornement central en or et pierreries. Dans l'autre salle, aussi richement décorée, le roi siégeait d'ordinaire; mais, pour les causes importantes ou pour prononcer une sentence capitale, il passait dans le tribunal de Dieu, suivi des quatorze grands dignitaires de son royaume. Dans ces occasions solennelles, il plaçait sur sa tête sa mitre royale, tenait de la main gauche une flèche d'or en guise de sceptre ; puis posait la droite sur un crâne humain surmonté d'une énorme émeraude : alors seulement il prononçait la sentence3 • En dehors de la capitale, dans les six principales villes du royaume, le monarque, qui ne pouvait être partout mais tenait particulièrement à son droit de justice, faisait présider par ses parents les cours inférieures3.
Les lois criminelles étaient plus implacables encore que celles du Mexique. Le vol était puni avec une sorte de rage : le voleur, d'après les lois édictées par Nezahualcoyotl, le grand législateur du pays, était étranglé après avoir été