‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 165 sur 525 · Combes et Tamisier, Voy. en Abyssinic, I · texte numérisé non relu

Combes et Tamisier, Voy. en Abyssinic, I

En même temps l'administration de la justice devenait plus compliquée et plus solennelle; les juges siégeaient en nombre, sous l'invocation directe des divinités; mais ils devaient se conformer, dans leurs arrêts, à des lois écrites, qui avaient fixé et complété les coutumes traditionnelles. Ces magistrats ne poursuivaient pas encore d'office; ils laissaient aux intéressés le soin d'appréhender les délinquants et de les amener au tribunal. Ils jugeaient aussi moins sommairement qu'aux époques primitives, interrogeaient les témoins, écoutaient les parties, mais directement, sans plaidoirie d'avocat. Ils exigeaient aussi un serment solennel ; car les lois étaient réputées d'origine surnaturelle.

Les plus grands, les plus inexpiables crimes étaient ceux de lèse-religion et de lèse-majesté. Mais le maître était omnipotent, planait au-dessus des lois et même en édictait; car il était un personnage divin.

A la longue pourtant, toute cette barbarie se mitigea;il finit par s'y mêler des prescriptions humanitaires. Mais en ne saurait faire honneur de ce progrès aux dirigeants, aux maîtres, qui, pendant des milliers d'années, s'étaient appliqués à maintenir l'immobilité. De par la religion, la loi était invariable et le roi était ordinairement le docile instrument des prêtres.

€ Je suis, fait-on dire à Isis, reine de tout le pays; j'ai établi des lois, que nul ne peut abolir1. » Malgré tout le pompeux appareil dont s'entourait en Egypte la cour suprême, la pénalité resta, en bien des cas, sauvage, « expressive ». Elle s'atténua par la seule force des choses, la marçfre en avant de la civilisation. Sans y songer, le pouvoir contribua cependant au progrès juridique. En ôtant aux individus le droit de se faire justice eux-mêmes, en ne prescrivant pas

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