Code pénal chinois, division VI, section cclv
gouverneurs des villes de second et troisième ordre, qui se seraient rendus complices de ces crimes, doivent être aussi décapités4.
C'est du même esprit ou plutôt du même manque d'esprit que procèdent les lois rituelles. On se croit parfait; en tout, on se flatte d'avoir atteint le beau idéal; en conséquence on considère tout changement, même dans les petites choses, comme une mauvaise action, comme un délit. Il existe des rites établis une fois pour toutes, et réglant, ne varietur, la construction des maisons, la distribution des appartements, la fabrication des meubles, des voitures, la confection des vêtements. Pour tout cela, on a formulé des règles immuables, tenant compte de la position sociale de chacun et dont /'infraction entraîne de sévères pénalités : cinquante coups, par exemple, à l'ouvrier, qui a modifié les modèles autorisés, autant au chef de famille, qui l'a employé, sans préjudice de la réfection ou destruction de l'objet illégal où le damnable esprit d'innovation s'est donné carrière. — Pour la confection des étoffes de soie, de satin ou de gaze, il y a des dessins officiels; quiconque s'en écarte reçoit cent coups et voit ses étoffes confisquées. Qui achète ou porte ces étoffes encourt la même pénalité. La loi ne fait aucune différence entre l'ouvrier et le patron de la manufacture ; tous deux sont jugés également coupables, donc également punis.
Il est des articles, dont le port est interdit sous des peines bien plus sévères encore. L'audacieux, qui emploie des étoffes de soie sur lesquelles sont représentés le Dragon impérial ou le Phénix impérial reçoit les cent coups réglementaires et est de plus banni pour trois ans*.
En étudiant l'Egypte, nous avons vu qu'un médecin y
1. Code pénal chinois, II, Appendice, p. 401 (Statut supplémentaire de la section ccxxv).