‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 237 sur 525 · Ibid., III · texte numérisé non relu

Ibid., III

LKTOURHEAU. — L'Évolution juridique. 15

c'est attenter à l'honneur de la djemâa et Ton encourt, pour ce fait, une grosse amende, parfois le dernier supplice1. De même le vol au détriment d'un hôte, le vol sur les chemin* publics, constituent une violation de l'ânaia du village et le chiffre de l'amende qu'ils entraînent est doublé a. — L'amende est aussi portée au double pour un vol commis en temps de guerre, alors que les hommes du village sont eo campagne8; le délit revêtant alors un caractère spécial de lâcheté. — Est infâme et ordinairement exilé le misérable qui ose voler les vêtements ou un objet quelconque appartenant à un allié tombé sur le champ de bataille *. La charrue, les bestiaux, etc., jouissent d'une protection spéciale. Le voleur d'une charrue est flétri et frappé d'une grosse amende. Une antique tradition veut même qu'il soit condamné à mourir de faim 5. Le vol simple du bœuf, du mulet, parfois de l'âne, est assimilé h la soustraction commise dans une maison habitée G. Il est défendu de maltraiter le chien, à moins qu'il n'ait mordu en plein jour. Tuer un chat entraine une grosse amende \ Le propriétaire n'a pas le droit de frapper des bestiaux gâtant sa récolte. Pour ce fait, il est puai d'une amende « parce que ces bètes n'ont pas conscience dn dommage qu'elles causent 8 >. Celte tendre sollicitude pour les choses rurales n'est pas rare, nous le savons, dans les civilisations barbares, ayant une très lointaine origine. L'Egypte, l'Inde, etc., l'ont portée fort loin; c'est sûrement, dans ces pays et en Kabylie, une survivance des premiers temps de la phase agricole et pastorale.

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