JosL'phe, Ani. jud., xvi, i
valeurs particulièrement précieuses dans une société agricole et pastorale. Elle veut que, pour un bœuf dérobé, on en rende cinq et, pour une brebis, quatre, si les bêtes volées ont disparu, ont été vendues ; mais, si on peut les retrouver, le vol se rachète en restituant seulement le double1. — Pour détournement d'un dépôt, d'un animal mis en garde ou d'une somme d'argent, le dépositaire infidèle est seulement condamné à rendre le double de la valeur disparue et encore peut-il échapper à toute responsabilité en jurant devant le juge qu'il est innocent *.
Pour le déplacement des bornes limitant les champs, la Bible s'en tient à une simple défense, sans spécifier de peine3; mais le coupable encourt la malédiction, et la malédiction pouvait entraîner « le retranchement t, dont je parlerai tout à l'heure.
Toutefois la conception première du vol n'a pas été plus noble chez le peuple de Dieu que chez les autres nations. Evidemment, pendant bien des siècles, le vol au détriment des Hébreux fut seul blâmé, tandis que le vol pratiqué aux dépens des étrangers était non seulement toléré, mais même considéré comme louable, puisque, avant de faire sortir son peuple de l'Egypte, Iahvé lui-même veut que Moïse conseille aux Hébreux de ne pas s'en aller les mains vides : c Parle aux oreilles du peuple et recommande que chaque homme demande à son voisin et chaque femme à sa voisine des objets d'argent et des objets d'or4. * — « Les Bené-Israël avaient accompli toute la recommandation de Mosché ; ils avaient demandé aux Egyptiens des objets d'argent et d'or et des habits; Iahvé leur ayant fait trouver grâce aux yeux
i. Exode, xxii, 1-4.
1 Ibid., xxii, 7-1 i.