VI. — CRIMES POLITIQUES ET RELIGIEUX
En parlant de la Judée, il est permis de grouper ensemble les crimes politiques et les crimes religieux. En effet pendant toute sa vie historique, ce pays a été surtout une théocratie; le roi, même le chef guerrier, le juge, étaient tenus -et se prenaient eux-mêmes pour les représentants directs de l'Eternel. Offenser le dieu terrestre ou le dieu céleste étaient donc des crimes essentiellement de même nature. Après Moïse, les notables hébreux, scribes ou chefs de tribu, prêtèrent serment de fidélité à Josué et promirent de lui obéir sous peine de mort, comme ils avaient obéi à Moïse1. Cette tradition d'obéissance passive au chef, au souverain, persista et grandit tout naturellement avec l'établissement de la royauté. Sur Tordre de leurs maîtres, nous voyons les Hébreux commettre docilement toute sorte de forfaits; nous voyons aussi que toute désobéissance à ces petits dieux terrestres était punie de la peine capitale.
Mais, pour le crime d'infraction à la loi religieuse, de rébellion contre Iahvé, contre le roi du ciel, la colère de la loi hébraïque est bien plus impitoyable que celle des rois de la terre; elle va jusqu'à la frénésie : « Quand bien même ton frère, fils de ta mère, ou ton fils ou ta fille, ou la femme de ton sein ou ton ami, aussi cher que toi-même, t'inciterait disant en secret : « Allons servir des Elohim étrangers »... alors n'aie point de complaisance pour qui te parle; ne l'écoute point; que ton œil n'en ait pas pitié; garde-toi de l'épargner et de le cacher; c'est un devoir pour toi de l'égorger et ta main le doit frapper, la première, pour la