Exode, xxn, 18. — Lévitique, xx
lion de tribunaux supérieurs. — Tout d'abord point de justice organisée ; à chacun de venger, comme il le peut, les torts qu'il a subis. Un homme est-il tué? son plus proche parent, le vengeur du sang, s'arme, poursuit le meurtrier et sans autre forme de procès le met à mort, s'il peut l'atteindre1. Puis le peuple, c'est-à-dire l'ensemble des hommes du village, juge certaines contestations, décide, par exemple, en cas de meurtre involontaire, que l'auteur du délit ne sera point puni, échappera au talion et trouvera un asile dans les villes de refuge". Ces jugements populaires, rendus par tous les hommes du village ou du clan, ressemblent évidemment beaucoup aux jugements de la djemâa kabyle.
Dans une troisième phase de l'évolution judiciaire, on ne s'en rapporte plus aux décisions de la foule; on se méfie du suffrage universel, et la fonction judiciaire commence à se spécialiser : « Dans tous les bourgs qu'aura donnés à tes tribus Iahvé, ton Elohim, tu établiras des juges et des scribes, qui jugeront droitement le peuple3, t Le Deulèronorm décide que juges et scribes seront choisis dans les capitales de toutes les tribus parmi les* anciens et les princes du peuple, puis qu'ils siégeront aux portes de la ville4. Mais, une fois en fonction, ces juges cessent d'être des mortels ordinaires : ils représentent l'Etemel et leurs senlences sont les arrêts de Dieu même5. Comparaître en justice, c'est donc se présenter devant le Seigneur6, caria Judée était avant tout théocratique. A l'époque biblique, il n'existe pas encore de hiérarchie judiciaire bien organisée; mais de même que Moïse, représentant de Iahvé, tranchait déjà souverainement les cas