‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 332 sur 525 · IV. — LA JUSTICE DES CASTES ET DES ROIS DANS L'INDE ET LA PERSE · texte numérisé non relu

IV. — LA JUSTICE DES CASTES ET DES ROIS DANS L'INDE ET LA PERSE

L'examen, auquel nous venons de soumettre l'organisation juridique de l'Inde et de la Perse, confirme une fois de plus une donnée générale, établie par nos précédentes enquêtes ; savoir que les origines sociologiques des races blanches, même supérieures, ne sont pas plus relevées que celles des races dites inférieures. En effet, à la base de leur justice, nous trouvons, comme partout, la vengeance et le talion; en outre, dans les codes théocratiques de. l'Inde, les peines dites expressives s'étalent complaisamfrient, attestant éloquemment l'existence d'un passé des plus barbares.

Dans l'Inde et la Perse, la justice a évolué et dans un sens qui fait peu d'honneur aux races élues. Docilement asservie à l'évolution politique, elle est devenue d'une choquante iniquité sous. le régime des castes pour se ravaler encore davantage devant le bon plaisir des monarques absolus.

A peine si, dans les codes de l'Inde, un petit nombre de prescriptions humanitaires, legs probables d'un lointain passé républicain, attestent-elles l'existence de quelques . bonnes qualités natives. Mais, à ces rares exceptions près, l'iniquité s'étale effrontément ou plutôt inconsciemment dans le droit criminel. Il ne s'agit plus de rendre coup pour coup, dommage pour dommage; la justice n'a plus de

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balance ; elle campe aux pieds des puissants et vise simplement à maintenir et fortifier les privilèges. Il est bia entendu qu'au sein de la société, il y a des élus et d& réprouvés par droit de naissance et ce qui, pour les uns, est attentat devient peccadille pour les autres.

Pourtant de notables progrès se sont accomplis non pas dans le fond, mais dans la forme de la justice. Les jugements, dans l'Inde, ne sont plus sommaires; le droit d'appel unit même par poindre. Une procédure complexe, relativement savante, favorise la recherché de la vérité et bride le caprice des juges. Les témoins sont soigneusement interrogés et foi n'accepte pas toute sorte de témoignages. Les débats sont fixés par l'écriture. Mais aucune latitude n'est laissée aux tribunaux; et, dans l'appréciation de la culpabilité, on ne Vient guère compte des circonstances. Les juges appliquent seulement des lois rigides, immuables, soi-disant promulguées par des personnages réputés divins. Enfin on pratique largement les ordalies, les jugements de Dieu, et la criminalité religieuse, c'est-à-dire absurde, tient, dans les codes, une place considérable. On comprend, que, dans leurs contestations, les particuliers hésitent à invoquer cette justice inflexible et trop souvent partiale et qu'ils recourent autant que possible à l'arbitrage, bienfaisante survivance de la primitive période républicaine.

En Perse, où la monarchie despotique s'est . épanouie sur les ruines du régime des castes, il y a eu véritable régression et la justice s'est abaissée au niveau de celle de l'Abyssinie.

Sous le rapport juridique, l'Inde et la Perse sont donc restées bien au-dessous de la Chine, par exemple, et elles nous donneraient une assez pauvre idée des races blanches, si la Grèce, que nous allons étudier, ne réhabilitait un peu les races dites supérieures.

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