Dareste, loc. cit
lbtourtibau. — L'Évolution juridique.
mise dans un sac et jetée à l'eau1. On mutile en amputant* nez, les oreilles, le poignet; en pratiquant l'extraction des globes oculaires ou leur simple cautérisation par on fe rouge lentement passé devant les yeui. La rhinotomie d l'ototomie sont réputées peines légères et se prononcent fréquemment pour des délits sans gravité. — L'entraveroem consiste à fixer les jambes dans deux énormes blocs de bots réunis par une chaîne ; il supplée à l'insuffisance des prisons. La bastonnade se donne sur la plante des pieds. Ce n'est pas une peine infamante ; le roi la prodigue 'même autour de lui, et il y a peu de ministres qui ne l'aientsubie; ils en plaisantent eux-mêmes agréablement, quand les suites en ont disparu. — Les peines afflictives s'appliquent immédiatement après le prononcé de la sentence. La mort s'inflige oràmairement par un coup de poignard porté dans la poitrine, après quoi on décapite le cadavre, dont la tête, repoussée do pied par les exécuteurs, est jetée dans la boue*.
Il ne semble pas que le système des compositions soit en usage en Perse ; mais le rachat des peines s'effectue autrement : par la corruption des juges. Moyennant un nombre suffisant de tomans, de 50 à 5,000, nous dit Fraser, on peut toujours se faire absoudre de tel délit ou de tel crime que ce soit. Les longs et criants abus d'un despotisme sans frein ont démoralisé toute la population, aussi bien les grands que les petits, les juges que les justiciables.
En résumé, nous ne connaissons guère de la justice persane que son état actuel, grossier et sans nulle originalité. Nous voyons aussi, que, depuis les âges les plus lointains, cette justice a dû évoluer lentement, en se conformant à h loi générale. Elle a sûrement débuté par le droit de vengeance et de talion, qui survit encore dans les mœurs;