Ibid
dénuée de toute protection ; aussi la peine de mort s'infligeait-elle aux esclaves sur les indices les plus légers. Il y avait même, pour les maîtres, obligation légale de mutiler ceux de leurs esclaves qui, nés avec une constitution trop robuste, auraient pu devenir dangereux. Souvent encore, à leur entrée en charge, les éphores proclamaient la xpumeta, c'est-à-dire le droit de tendre aux hilotes des embûches nocturnes pour les tuer. C'était à la fois une mesure de précaution et une sorte d'exercice guerrier*.
Toute cette organisation juridique de Sparte reflète bien l'organisation politique du pays, ce qui est d'ailleurs une loi sociologique; elle est un compromis entre la forme républicaine et la forme monarchique de la justice. Au point de vue juridique, Sparte pourrait figurer parmi les pays barbares si la grande innovation des peines morales, substituées, dans certains cas, aux peines afllictives, et l'institution, quoique très imparfaite encore, du droit d'appel pour les rois n'attestaient l'existence de quelques aspirations relevées.