Du Boys, loc. cit
Les tribunaux pouvaient prononcer la peine de l'esclavage, mais dans des cas spécifiés, et seulement contre les étrangers ou les atimiques ayant usurpé les droits civiques : les coupables de cette catégorie étaient livrés aux polèles pour être vendus1.
Le bannissement était souvent prononcé pour meurtre ou tentative de meurtre. Dans ce cas, il était perpétuel et entraînait la confiscation des biens. Pour l'homicide accidentel, au contraire, l'exil n'était que temporaire. Une réhabilitation populaire, demandée par le magistrat même qui avait prononcé la sentence d'exil, pouvait y mettre un terme *. — Tel était l'exil infamant, l'exil pour crimes; mais l'exil politique, l'ostracisme, consistait seulement en une mesure de prudence, écartant pendant dix ans un personnage jugé dangereux pour la république. L'ostracisme n'entraînait pas la conûscation, comme l'exil ordinaire, et ne résultait pas d'un jugement, mais d'un vote populaire réunissant plus de six mille votants 3. — La célèbre pratique de l'ostracisme n'était point spéciale à Athènes; Mégare,Milet,Argos y avaient aussi recours. C'était une simple mesure de salut public ; celui qui en était frappé était éloigné, non retranché de la cité, tandis que l'exilé ordinaire perdait foyer, patrie, femme, enfants et même le droit d'être enseveli dans le tombeau familial : il était devenu un étranger*.
Les mutilations, si fréquentes dans les pénalités barbares, ne figuraient point dans celles d'Athènes, sauf dans un cas qui est évidemment une survivance du talion : on coupait la main du suicidé et on l'enterrait à part5. — Une peine qui est bien hellénique et d'un genre plus relevé que les pénalités