‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 365 sur 525 · Probl.y XIX · texte numérisé non relu

Probl.y XIX

letourneau. — L'Évolution juridique. 23

incommodes entraves dont on comprenait mal le senl'utilité, furent simplifiés ou abolis; tandis que les règles c droit écrit étaient hardiment modifiées1. On en arrivai envisager les lois simplement au point de vue humain et ullilaire. Aristote osa même écrire, que c les gens très supérieurs par la vertu et le talent sont à eux-mêmes leur projetai* > et que t la loi est une intelligence sans passion3 1.

En abolissant les fonctions spécialement juridiques, A Ibère poussa jusqu'au bout le principe démocratique, puisqu'elle ne craignit pas de confier la fonction judiciaire, non plus à des individus choisis, mais à des groupes de citoyens, à <te collèges, en exigeant seulement certaines conditions d'âge et d'honorabilité : en somme, elle remplaça les juges par des jurés. Ces tribunaux populaires avaient leurs qualités et leurs défauts; ils ne se piquaient point de science juridique; les magistrats ne dirigeaient point leurs débats et se prenaient part qu'à l'instruction et à la procédure*. Les imperfections du système sautent aux yeux. Trop facilement le collège pouvait se laisser égarer par la passion ; à l'abri de certaines formules, des suspects étaient traînés devant les tribunaux et condamnés à l'amende, à la confiscation, à la prison, même à l'exil ou à la mort 5. Enfin on vit apparaître toute une classe de sycophantes faisant métier de dénonciateurs. Mais, d'autre part, ces cours populaires étaient difficiles à corrompre, et surtout, n'étant que médiocrement attachées aux minuties du droit, de la procédure, aux formules, aux formes, aux traditions, elles étaient plus accessibles au progrès.

Ce fut sûrement cette émancipation et cette vulgarisation

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