‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 368 sur 525 · I. — LE TALION · texte numérisé non relu

I. — LE TALION

J'entreprends d'esquisser, en quelques pages, l'histoire juridique de la Rome antique. Aux yeux de maint légiste ayant pûli sur le droit romain, en ayant scruté toutes les finesses et

subtilités, ma prétention semblerait bien téméraire, et en effet, ce court espace ne suffirait même pas à citer les principaux ouvrages publiés sur le Droit romain dans les divers pays civilisés. Aussi mon intention n'est-elle point de rivaliser avec les érudits et les commentateurs, mais d'envisager surtout le Droit romain à un point de vue inconnu des spécialistes, le point de vue comparatif et évolutionniste, qui est la raison même de ce travail, et qui, si souvent, ouvre des jours nouveaux sur les sujets les plus anciens et en apparence les plus rebattus. Déjà nous sommes assez avancés dans notre étude ethnographique du droit pour .pouvoir affirmer à priori, que les origines du Droit romain ne sauraient différer essentiellement de celles des autres droits, et les faits proclament hautement cette conformité.

A l'époque protohistorique de Rome, sous les premiers rois, le talion, le droit de vengeance, était très vivant encore dans les mœurs et dans les lois. La cinquième année du règne de Tatius, raconte Plutarque1, une troupe de parents et amis du roi rencontrèrent des ambassadeurs venant de la ville de Laurenlum à Rome; ils les assaillirent et les tuèrent pour les voler. A cette date YUrbs Roma était encore au berceau, et elle avait été fondée par des bandits; il n'y a donc pas lieu d'être surpris du trop violent amour que ressentaient les parents et familiers du souverain pour la propriété d'autrui. Romulus voulait punir cet attentat au droit des gens ; son collègue Tatius ne s'en souciait guère et temporisait. Si bien qu'un jour les parents des ambassadeurs assassinés surprirent les deux rois, pendant qu'ils célébraient à Lavinium un sacrifice religieux, et tuèrent Tatius, mais en se montrant plein d'égards pour Romulus, c comme prince juste et droicturier ». Romulus fit inhumer honorablement

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