Ibid., 2S
manqué de dévouement à la République ou de respect au peuple romain1.
L'introduction de nouvelles doctrines ou cérémonies était un crime d'État3. Déplacer les bornes d'un champ constituait un sacrilège et il en était de même pour la plupart des crimes d'État, aussi le Collège des Pontifes avait-il une juridiction fort étendue3. Couper les arbres ou les vignes cTautrui, enchanter les moissons, pour les stériliser ou les faire passer dans son champ : autant de crimes d'État4. La loi des Douze Tables, si dure dans son esprit général, introduisit pourtant plus de clémence dans les lois dites céréales. A T homme coupable d'avoir abattu un arbre appartenant à autrui elle n'infligea qu'une amende de 25 as au lieu de la peine capitale, décrétée par les antiques lois 5.
Force m'est bien, à propos de ces crimes publics, si caractéristiques du vieil esprit romain, de me borner à citer un petit nombre d'exemples typiques, mais suffisant néanmoins pour faire ressortir le côté inférieur de cette primitive législation. Dans la détermination de ces crimes d'État, en effet, la loi quiritaire s'est inspirée tantôt d'un patriotisme étroit et farouche, tantôt d'une superstitieuse crédulité. Enfin, dans tout cet antique système pénal, on ne trouve aucune de ces lois humanitaires qui réhabilitent en partie les codes de l'Egypte, de l'Inde, de la Chine. Au contraire les féroces préjugés deJa Rome protohistorique trouvèrent place jusque dans la législation, relativement savante, des empereurs. Ainsi le Code théodosien édicté encore la peine capitale contre les auteurs de maléfices, d'enchantements produisant des tempêtes ou <ft la grêle ; contre ceux qui invoquent les démons