II. — LES ASIATICO-EUROPÉENS
Sur les tribus les "plus barbares de l'Afghanistan nous savons peu de chose au point de vue de l'organisation judiciaire. Pourtant on a constaté chez les Afghans occidentaux l'existence du talion et de la composition. Chez les Afghans,
la monnaie, servant à payer les compositions juridiques <. sans doute diverses autres transactions, est l'esclave de sexe féminin, plus exactement la fille esclave ou sa valeur. Us tarif judiciaire gradué indique le nombre de filles nécessaire pour racheter les meurtres et blessures. Ce tarif est fort détaillé, comme tous ceux du même genre, et assez analogue à celui des Germains barbares, sauf que les filles esclaves remplacent les sous d'or de la Germanie : il faut douze filles pour racheter un meurtre; six pour la mutilation d'unt main, d'une oreille ou du nez; trois pour une dent, etc. '.
Chez les anciens Parthes et Arméniens, la justice était tout aussi primitive que chez les Afghans, mais elle nous est un peu mieux connue. Dans le sein du clan ou de la famille, k père avait à peu près les droits du palet f ami lias de l'ancienne Rome. 11 lui était licite de mettre à mort sa femme, sa sœur non mariée, son fils ou sa fille. De famille à famille ou de clan à clan, on exerçait le droit de vengeance. Les meurtriers étaient misa mort par la famille lésée, quand ils ne Tétaient pas par les juges; car il y avait des juges prononçant la peine capitale, mais surtout pour les crimes publics : la trahison, la désertion, le refus de service militaire, l'abandon de la religion nationale. Les parents étaient solidaires pour la vengeance et la composition, mais ils avaient la liberté de traiter avec le meurtrier. L'existence du talion vengeur est encore attestée dans ces contrées, à une époque très moderne, par Chardin. Le vieux voyageur raconte l'histoire d'un meurtrier livré à trois parentes de sa victime, l'épouse, la mère et la fille, qui, non contentes de le poignarder, reçurent son sang dans un vase, qu'elles portèrent ensuite à leur bouche. — Les pénalités prononcées par les j uges étaient souvent des peines expressives, l'aveuglement, la