Ibid
empereurs grecs, il est dit que, si un chrétien tue un Russe , ou inversement, le meurtrier sera mis à mort sur le lieu même de son crime1. En 4071, d'après la Chronique de Nestor, un prince russe, Jean, ayant poursuivi des criminels et les ayant capturés avec l'aide de bateliers de la Volga, interrogea ces derniers, qui répondirent : c A moi, ils ont tué ma mère ; à moi, ma sœur ; à moi mon enfant. > Alors Jean leur dit : c Vengez les vôtres. > Ils les saisirent donc, les tuèrent et les pendirent à un arbre'. — Au xi* siècle, la Loi de Iaroslav fait encore de la vengeance une obligation absolue non seulement pour les parents en ligne directe, mais même pour les frères, oncles et neveux et cela sans distinguer les meurtres volontaires des involontaires. Les parents éloignés n'ont pas le droitde vengeance; mais ils peuvent recevoir le prix du sang. En même temps, on édicté un tarif légal pour violences, coups et blessures. La blessure faite à un doigt vaut 3 grivnas (marks), etc.; on en paye 1 pour avoir tiré I'épée, même sans frapper; 12 pour avoir touché aux favoris ou à la barbe, etc. 3. Dans le Code de Iaroslav revisé par ses Cls, l'amende s'abaisse avec la qualité des personnes lésées et l'on ne punit plus que les meurtres intentionnels : 40 à 80 grivnas pour un noble ; 5 seulement pour un paysan ou un esclave4. Ce n'est pas une innovation, puisque la convention russo-grecque, dont j'ai parlé, avait déjà tarifé les blessures5. — La même convention décidait que le voleur flagrant serait tué impunément, s'il résistait; sinon, il rendait l'objet volé, et en plus trois fois sa valeur6. . Dès le *• siècle, en Russie, les procès se jugeaient, après