Ibid
<i. Ibid., 184-185.
cent. L'épreuve du fer rouge était aussi en usage; mais auparavant on avait bien soin de faire bénir, par un prêtre, le fer ou l'eau1, mettant ainsi une vieille coutume païenne sous la sauvegarde du christianisme.
La justice des Celtes nous est moins connue que celle des Slaves et même que celle des Parthes et des Arméniens; surtout nous sommes mal renseignés sur sa phase primitive; car la plupart des pays celtiques ayant été de bonne heure absorbés par la conquête romaine ou modifiés par la civilisation de Rome, il est difficile de trier, dans les coutumes judiciaires des Celtes, ce qui est original de ce qui a été importé ou imposé par les vainqueurs. Après la chute de l'empire romain, les roitelets et chefs celtiques s'arrogèrent une autorité, que n'avaient jamais eue, avant la conquête, les rois et les magistrats celtiques9. Nul doute d'ailleurs que la justice des Celtes n'ait aussi commencé par la vengeance et le talion. Dans un vieux chant breton, on lit ceci : c Je tiens la tête du chef d'armée; je veux avoir ses deux yeux rouges. — Je lui arrache les deux yeux parce qu'il t'a arraché les tiens3, i On sait, d'autre part, que la loi du talion a d'abord régné en Irlande*. — C'est aussi à l'Irlande, pays celtique resté longtemps indépendant, qu'il faut s'adresser pour connaître le droit celtique. Malheureusement les ouvrages de droit récemment exhumés en Irlande et notamment le Senchus môr sont