‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 437 sur 525 · D'Arbois de Jubainville, loc. cit · texte numérisé non relu

D'Arbois de Jubainville, loc. cit

crimes ou délits. La responsabilité suivait les degrés de parenté1, et il en avait dû être de même pour le droit de vengeance. Le père du coupable répondait d'abord, puis le frère, puis le cousin, puis le chef de la tribu, enfin le roi. Cette assimilation des liens du sang aux liens politiques remonte sans doute au temps où le clan familial était la seule unité politique.

Quand il exista en Irlande une classe de légistes, celle des Brehons, ces spécialistes ne manquèrent pas comme leurs pareils de tput pays, de compliquer le droit primitif, de subtiliser. Ainsi l'homme piqué par une abeille avait droit à une indemnité, mais on décida que, s'il avait tué l'animal, le prix en serait déduit. On déclara aussi que le vol dans une maison habitée portait préjudice à onze personnes : le propriétaire de la maison, celui de l'objet volé, celui du lit où était couchée la personne volée, celui de la personne qui couchait dans ce lit, enfin les sept chefs de famille qui avaient l'habitude de recevoir l'hospitalité dans ladite maison2.

Comment étaient punis les outrages aux « mœurs » dans l'ancienne Celtique? Les traités irlandais ne nous renseignent pas sur ce point. Mais un vieux chant breton nous parle d'une femme, qui, jugée coupable d'adultère, est menée au bûcher c en robe blanche et pieds nus ». Les assistants semblent trouver le supplice mérité; seulement ils disent tous, « petits et grands : c'est un crime, un grand crime, de brûler une femme prête à accoucher3 ». Pourtant il n'est pas probable que ce terrible supplice fût de règle en pays celtique et surtout en Irlande, où l'on contractait des mariages temporaires, à l'année; mais les chants bretons

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