Lex Thuringorum (Angli et Wcrini), til. I, l-l
Une fois implantés en conquérants dans les provinces arrachées à l'Empire romain, sous des monarques qui se prenaient au sérieux etcopiaient gauchement leur devanciers, les Germains modifièrent leurs lois. Chez les Lombards, on décida que la vengeance exercée après acceptation de la composition, entraînerait une double indemnité1. Chez les Goths, Théodoric exempta de toute composition le meurtre commis dans un cas de légitime défense*. Le Code des Wisigoths donne de la loi une définition pompeuse, que Ton n'aurait sûrement pas formulée dans les forêts de la Germanie, et qui doit être l'œuvre de quelque légiste romain : c La loi est l'émule de la divinité, le soutien de la religion, la source des mœurs, l'artisan du droit ; elle trouve et crée les bonnes coutumes ; elle est le gouvernail de la cité, le héraut de la justice, la maîtresse de la vie, l'âme de tout le corps populaire 3. f
Telle était la législation spécialement germanique, relative
au meurtre. Nous la retrouvons avec quelques changements
dans les pays Scandinaves, qui, n'ayant pas été modifiés par
le contact avec les populations de l'Empire romain, ont
mieux et plus longtemps conservé les vieilles lois et coutumes
de la Germanie. Chez les anciens Islandais, tuer un homme
et le déclarer hautement, c'était avoir commis un meurtre
simple ; mais on devenait un assassin, quand on essayait de
dissimuler, de cacher le crime commis*. Le meurtre sournois
avec recel du corps ou incendie, etc., était tenu pour un
attentat des plus graves ; il entraînait la proscription avec
mise à prix de la tête du proscrit. Qui rapportait cette tête
maudite recevait 3 marks de récompense et même, pour