‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 487 sur 525 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LETOURNf AU. — L'Évolution juridique. 30

recouvrer par des moyens illicites leurs frais de premier établissement. Ces mauvaises mœurs juridiques devinrent générales, si Ton en croit Henri IV, qui, pour flatter le Parlement de Paris et en obtenir l'enregistrement de TEdil de Nantes, lui disait : c J'aime mon Parlement de Paris; c'est !f seul lieu où la justice se rend ; il n'est point corrompu par l'argent. Dans la plupart des autres, la justice se vend, et qui donne 2,000 écus l'emporte sur celui qui donne moins... J? le sais, parce que j'ai aidé autrefois à boursiller; maiscelz me servait à des desseins particuliers1. » Sous Louis Xïï, un philosophe, La Motte le Vayer, écrit encore : c Je laisse i part cette déplorable vénalité des offices, que tous les gen de bien déplorent; il n'est que trop à craindre que quiconque achète ne fasse des efforts pour se rembourser. Cm presque une honte pour nous, que, dans toute l'étendue <fc la religion de Mahomet, aucun magistrat n'ose prendre lJ moindre salaire pour ses jugements et que, parmi nous, personne ne puisse espérer justice qu'à proportion de ce qu'il s dans sa bourse pour subvenir aux frais du procès \ >

La domestication de la justice par la royauté finit don' par être à peu près parfaite en France vers la fin du moyen ûge et dans les siècles qui suivirent. Dans d'autres royaumes, la transformation fut moins complète.

En Aragon, un magistrat suprême, hjustiza, toujours pris dans le second ordre de la noblesse, parce que les barons n'étaient soumis à aucune peine personnelle, était le grand arbitre judiciaire; tous les juges royaux et terri toriaui devaient lui soumettre les difficultés et le roi lui-même m pouvait arrêter ses poursuites 3.

En Angleterre, la juridiction territoriale avait toujours èl*

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