VI. — INDIENS DE L'AMÉRIQUE CENTRALE ET MÉRIDIONALE
Si j'ai parlé avec quelque détail de la justice chez les Peaux-Rouges, c'est que leurs tribus sont des types d'organisation démocratique et que leurs mœurs nous sont bien connues. Mais toutes les tribus républicaines du continent américain entendaient ou entendent encore la justice de la même manière, comme il appert des renseignements fragmentaires que nous possédons à leur sujet.
Au sein de ces tribus, comme chez les Peaux-Rouges, ces coutumes traditionnelles tiennent lieu de lois ; toujours la grande règle juridique est le talion ; souvent on s'attache à punir le malfaiteur dans le membre même qui a commis le méfait, par exemple, à couper les mains du voleur2; enfin des conseils de vieillards élus rendent parfois la justice 3. Mais chez les Caraïbes et les Topinambas, ni les chefs ni les notables n'administraient la justice; on laissait encore à chacun le soin de venger son offense. C'était même une obligation morale, et qui négligeait de s'en acquitter était mis au ban de la tribu, flétri comme un lâche4.
Accumuler les faits de ce genre serait superflu; ceux que je viens de citer, rapprochés de l'étude plus détaillée de la