Dorsey, loc. cit
de vie des blancs, s'assimiler suffisamment la civilisation européenne, avaient un lieu de refuge ou de paix (Echoleh) où les meurtriers mêmes trouvaient un asile temporaire 4. Un asile du même genre existait aussi chez quelques tribus peaux-rouges de la Californie, qui laissaient aux dieux le droit de punir le meurtrier, alors que celui-ci avait réussi à pénétrer dans leur temple \
Quant à la justice du chef, elle commençait à s'établir dans diverses tribus, mais était encore à l'état embryonnaire. En général, les chefs, les chefs élus, puisque je ne parle en ce moment que des tribus républicaines, s'interposaient entre les clans pour atténuer la rigueur des vengeances, amener les parties à ne point verser de sang, à s'entendre pour une composition. Mais parfois, quand un chef s'était acquis une grande popularité, il pouvait imposer directement sa volonté, devant laquelle tout le monde s'inclinait 3. Dansles cas d'homicide involontaire, par accident, les chefs intervenaientordinairement, montraient les pipes sacrées, plaidaient pour qu'on se contentât de présents en épargnant la vie du coupable et obtenaient que l'auteur du méfait en fût quitte pour une de ces expiations prolongées, dont j'ai tout à l'heure parlé4. Si bienfaisant que fût ce rôle des chefs, il n'en habituait pas moins les clans à s'effacer devant eux, à leur céder en partie leur rôle de justiciers, à leur obéir, même alors que la coutume des ancêtres faisait du talion un devoir. Peu à peu, d'autre part, les chefs prenaient au sérieux leur métier de redresseurs de torts. Ainsi, chez les Omahas, ils en étaient arrivés, toujours avec d'excellentes intentions, à faire châtier à coups de fouet les ivrognes par leurs fonctionnaires, leurs
1. Pritchard, Hist. nat. de V homme , 123. 1. Bancroft, loc. cit., I, 409.