‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 61 sur 525 · Dalton, Ethnology of Bengal · texte numérisé non relu

Dalton, Ethnology of Bengal

Chez les Abors mongoloïdes, l'idée juridique s'est totalement confondue avec l'idée religieuse. Les actes réputés criminels sont considérés comme des malheurs publics dont les dieux tireront vengeance, si Ton ne parvient pas à apaiser leur courroux. La communauté ne se permet pas d'ailleurs d'infligerdes peines corporelles aux personnesde condition libre. Son principal souci est de fléchie la colère divine. Un crime est-il commis? il le faut expier au plus vite par un sacrifice; pour cela on se hâte de saisir le premier porc venu et on l'immole cérémonieusement. L'offrande se fait aux frais du coupable, qui doit s'arranger, comme il peut, avec le propriétaire du porc expiatoire1. La pratique est naïve, elle décèle pourtant un progrès considérable dans la manière de concevoir le droit, puisque les actes jugés coupables sont considérés comme intéressant toute la communauté. Déjà, chez certaines tribus américaines, nous avons vu la conception juridique commencer à se transformer d'une manière analogue et dès à présent, en rangeant en série les observations précédentes touchant les Australiens, les Indiens d'Amérique, les aborigènes de l'Inde, nous pouvons nous représenter les phases premières de l'évolution du droit pénal.

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