‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 60 sur 525 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

la rencontrons ici, pour la première fois, chez des populations très grossières ; mais ces populations sont déjà agricoles, sédentaires, en réalité sur le seuil même qui sépare la sauvagerie de la barbarie. Nous verrons, au cours de ces études, quel rôle de plus en plus considérable joue le serment judiciaire à mesure que progresse la civilisation.

Cette procédure du serment est tout à fait particulière aux Kands. Chez les Todas, les contestations et conflits sont réglés simplement soit par arbitrage, soit par l'autorité d'un conseil de cinq notables4. L'institution d'une sorte de jury de cinq personnes, ordinairement cinq vieillards, est assez commune dans les villages hindous. On la rencontre aussi chez les Puharreîsde l'Himalaya (entre Sichigully elBurdwan). Chez ces derniers, cette justice patriarcale coexiste avec une certaine élévation morale, que vantent tous les explorateurs, Sans doute les Puharreis pillent avec ardeur leurs ennemis héréditaires de la plaine ; mais, entre eux, ils sont d'une stricte probité ; jamais non plus ils ne manquent à la parole donnée et ils ont horreur du mensonge*. Ces qualités, rares chez les sauvages et même assez peu communes chez les civilisés, sont évidemment très favorables à l'exercice d'une justice arbitrale, procédant par persuasion et représentations.

Chez d'autres aborigènes de l'Inde, on voit poindre des coutumes juridiques, non pas plus relevées essentiellement, mais qui ne se développent guère que dans des sociétés plus complexes. Ainsi, chez les Mâlers du Bengale, il existe un délit réputé social : le canicide. On punit en effet d'une amende quiconque tue un chien de chasse3. Nous retrouverons plus tard dans la Perse ancienne, cette vénération pour l'ami de l'homme, mais sous une forme singulièrement exagérée. —

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