‹ L'évolution juridique dans les diverses races humainesChapitre 66 sur 525 · De Rochas, NouveUt-ÇaUdoniç · texte numérisé non relu

De Rochas, NouveUt-ÇaUdoniç

ordre. Mais, dans les tribus de l'Amérique centrale, c'était le chef en personne qui rendait des arrêts; la justice s'était si bien incarnée en lui que, de sa propre main, il devait exécuter les nobles, condamnés à la peine capitale1. Enfin, chez les Natchez, le chef était tenu pour un être surhumain; tout lui appartenait, choses et gens. Sur un de ses gestes tout le monde pouvait être mis à mort* : son bon plaisir était la loi.

J'ai terminé le précédent chapitre en parlant de la justice chez les tribus républicaines des aborigènes de l'Inde; mais l'organisation monarchique n'est pas rare non plus parmi ces populations sauvages, ces tribus si diverses par la race, la religion, le degré de civilisation. Les Oraons ont des chefs héréditaires. La plupart des tribus des Koukis obéissent à un rajah, réputé de race divine3, à un maître dont les ordres sont des lois et à la discrétion duquel se tiennent toutes les femmes du village sans exception*. Ce roitelet rend la justice et même en profite; tout meurtrier devient son esclave et non seulement le coupable mais toute sa famille avec lui". Contrairement à la coutume des sauvages de tous pays, la peine de mort est rarement en usage chez les Koukis. On ne l'applique guère que pour un seul crime, irrémissible celuilà, pour trahison envers le maître; dans ces tribus, le crime d'État n'est plus celui qui lèse directement les intérêts de la communauté, comme il arrive dans les tribus républicaines ; c'est l'acte réputé nuisible au maître : le crime de lèse-majesté. — Tous les faits que je viens d'énumérer sont particulièrement curieux à noter, parce qu'ils ont été observés dans des contrées où la tribu monarchique coudoie la tribu repu-

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