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I. — Les origines de l'esthétique littéraire en Grèce

Les origines littéraires de la Grèce antique sont beaucoup moins obscures que celles de l'Egypte, de l'Inde, de la Perse. La Grèce a une histoire et une très riche littérature, renfermant lin trésor de documents et de traditions, que nous pourrons confronter utilement avec les. faits de même ordre observables chez les autres peuples et races. — Mais il est une source, très précieuse, de renseignements où il nous faut tout d'abord puiser. Comme toutes les autres littératures, celle des Hellènes a dû être orale, traditionnelle et populaire

avant d'être écrite et savante ; en d'autres termes, avant d'être historique, elle a certainement été préhistorique. Or, sur cette période préhistorique, qui est celle des vraies origines, les documents écrits nous éclairent mal ; mais il en existe d'autres. En effet, si, pendant de longs siècles, la Grèce a cessé d'avoir une existence indépendante, comme nation, la race grecque, elle, a continué à vivre. En tout pays, la conquête, si brutale soit-elle, laisse subsister, plus ou moins intact, le gros des mœurs, des coutumes populaires, que les conquérants n'ont pas grand intérêt à modifier et que d'ailleurs il leur serait fort difficile d'atteindre. 11 peut même advenir qu'un peuple, en apparence écrasé, chassé de Thistoire, lourdement subjugué, ne soit qu'assez faiblement frappé dans son esprit, dans son cœur, dans sa personnalité ethnique. Dans ce cas, le flot de la conquête ne fait que bouleverser ou détruire la constitution politique, perturber la situation des classes dirigeantes, trancher la fleur de la civilisation mais sans en atteindre les racines. La masse populaire, qui trop souvent était demeurée étrangère aux raffinements artistiques, littéraires, etc., se soucie médiocrement de leur perte. Elle vit, après leur disparition, comme elle vivait avant leur naissance. Mais toute cette floraison éteinte était issue de la race elle-même, de son tempérament intellectuel et moral ? Or, quoique conquise, la race continue à durer et à vivre, en gardant ses qualités et ses défauts natifs ; au total elle n'a guère fait que changer de maître. Elle conserve même la plupart des anciennes coutumes, d'où était sortie sa civilisation bouleversée, et celle-ci pourra, les temps redevenant favorables, renaître et refleurir encore. Or, dans ces us et coutumes si résistants qu'ils ont pu braver les efforts du temps et des maîtres, il en est beaucoup, dont l'origine est antérieure i l'âge historique, et l'on peut y retrouver encore quantité de précieux renseignements. A ce point de vue, l'étude de la littérature populaire, dans les pays helléniques, même et surtout sous la domination turque est des plus instructives;

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elle éclaire le lointain passé littéraire de la race, sa protohistoire.

Au moment où la Grèce moderne a reconquis son indépendance, les mœurs de ses montagnards, qui toujours étaient restés libres de fait, devaient ressembler beaucoup à celles des Protohellènes, groupés en clans républicains ; leur esthétique littéraire pourra donc nous donner une idée de celles de leurs lointains ancêtres. Or, c'était surtout dans des assemblées avec grands repas communs, que les poètes populaires de la Grèce moderne donnaient carrière à leur verve et composaient ou du moins produisaient leurs chants, souvent héroïques. Des agneaux rôtis en plein air, à l'ancienne mode homérique, du vin abondamment versé alimentaient et égayaient le festin (1). Après le repas, commençaient les chants et les danses, au son de la musette ou de la lyre. Divers villages se réunissaient dans ces fêtes appelées paneghiri^ mais chacun d'eux, chaque clan, si Ton veut, dansait à part (2). Tout chant nouveau, ayant eu quelque succès, dans une de ces réunions pouvait donc être appris, le même jour, par une dizaine de villages et propagé ensuite dans tout le pays (3).

De' ces chants populjûres, les uns étaient destinés à la danse; c'était des ballades, dans le sens réel du mot, et la danse en était l'accompagnement mimique. Ces chansons de danse étaient extrêmement répandues. D'autres compositions étaient des odes, qui se chantaient avec accompagnement de lyre (4) et avaient, pour sujet, soit des traditions populaires, soit des événements contemporains. Certaines de ces chansons célèbrent la Vierge ou les saints, exactement comme celles des anciens Grecs louaient les dieux, les demi-dieux ou les héros (5).

(1) Fauriel, Chants populaires de la Grèce ^ ï (Introduction LXVIIIJ.

(2) Ibid,, XCV.

(3) /6irf., XCVI.

(4) Ibid., XCVI.

(5} Ibid., CVIl.

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. Des catégories entières de ces chansons populaires de la Grèce moderne sont les exacts équivalents de celles de la Grèce ancienne, par exemple, les chansons de quête, que des jeunes gens vont sans doute encore, à de certaines époques de Tannée, chanter de porte en porte pour quémander des gratifications en nature ou en argent. Maintenant, comme jadis, ces chansons prodiguent aux gens, que Ton veut toucher, réloge, les souhaits fortunés, etc. (1).

Or, ces chansons intéressées équivalent exactement à une pièce figurant parmi les petites poésies attribuées à Homère, çt que des troupes d'enfants chantaient, à Samos, en s*en allant, de porte en porto, quêter pour célébrer la fête d'Apollon (2). La voici :

• Nous sommes près de la demeure d'un homme qui a une grande puissance. 11 peut beaucoup et il murmure beaucoup, bien qu'il soit heureux. — Ouvrez-vous de vous-mêmes, A portes ! Les richesses entreront en foule et, avec les richesses, la joie florissante et la bonne paix. — Que la pAte gonflée soit toujours pétrie dans la huche ! et bientôt ce sera un beau pain d'orge et de sésame. — Voici que la femme de votre fils arrive sur son char et que les mulets aux pieds vigoureux la traîneront vers cette demeure. — Qu'elle même tisse la toile, assise sur l'émail ! — Je te reviendrai ; je reviendrai tous les ans, comme l'hirondelle. Je suis debout sous les portiques, les pieds nus. Apporte promptement quelque chose. — Si tu me donnes ou si tu ne me donnes pas, nous ne resterons point; car nous ne sommes pas venus pour habiter ici. » (3).

Que ce petit chant soit ou non homérique, il est sûrement d'une haute antiquité ; or, des compositions exactement équivalentes se chantent encore dans la Grèce moderne. Seulement les fêtes chrétiennes ont remplacé celles d'Apollon et dos autres dieux helléniques. A plus forte raison, les chansons de danse devaient-elles exister dans l'antiquité. Athénée en parle et cite même les premiers vers d'une de ces chansons inti-

(1) Fauriel, loc, cit., GIX.

(2) Ihid., CV.

.'}) Epigrammes homériques, n» XV Traduction Loconte de Lisle].

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tulée, Anthema, « la chanson des fleurs » (1). Du reste les ballades de la Grèce contemporaine correspondent exactement aux hyporchènes de la Grèce antique (2), de même que la chanson d'Harmodius et d'Aristogiton, dans l'antiquité, répond de tous points à certaines chansons héroïques de la Grèce moderne (3). Il peut arriver à certains de ces chants populaires de traverser les siècles, presque sans altération : ainsi les matelots grecs chantent encore, en levant ou jetant l'ancre, une cantilène mentionnée par Aristophane (4).

Même Tancienne mythologie hellénique n'a pas été aussi détrônée qu'on le croit par le Christianisme. Des Moréates du Taygète admettent encore l'existence de nymphes, parentes des Oréades et des Satyres ; elles dansent en rond sur le sommet de la montagne de Scardamyle et sont très belles, mais ont des pieds de chèvre (5). La mort est toujours anthropomorphiquement imaginée par les Grecs modernes sous la figure d'un vieillard inexorable, appelé Charon (6). Les Parques ont simplement été remplacées par trois femmes personnifiant la peste et portant, l'une un registre, l'autre des ciseaux, la troisième un balai (7).

Les danses contemporaines dç la Grèce remontent sûrement aussi à une très haute antiquité. Chaque province a encore sa danse et toutes ces danses semblent être la tradition d'anciennes pantomimes. Chaque danse en outre a sa chanson spéciale. Les ballades nouvelles ne s'appliquent jamais aux anciennes danses ; elles sont accompagnées de danses mimiques nouvelles, qui naissent et meurent avec c41es (8).

(1) Ibid., GUI.

(2) Ibid., CVII.

(3) ibid,, an.

(4) Ibid., CV.

(5j Ibid., LXXXV.

(6) md., XXXVI.

(7) Ibid., LXXXIÏI.

'«) Ibid,, CXVI.

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Ces divertissements chorégraphiques des Grecs contemporains ont donc conservé le caractère des danses chorales, des festivals usités chez les primitifs. De son côté, l'histoire atteste nettement, que ces danses chorales et mimiques étaient en usage dans la Grèce ancienne. Dans la célèbre danse pyn-hiquej la mimique représentait un combat, des mouvements d'attaque et de défense (1). Les gymnopédies de Sparte étaient aussi des danses chorales où des jeunes gens nus mimaient la lutte et le pancratioji (2). En général la poésie lyrique des Doriens était exécutée par des chœura avec accompagnement de danses chorales et de musique instrumentale (3). — Le dithyrambe, représentait la légende du jeune dieu Dionysios: il était chanté, dansé et mimé en chœur (4).

Dans la Grèce protohistorique, le clan était très solidement constitué. C'est lui qui fit l'éducation sociale des Hellènes et leur inculqua si profondément les sentiments de solidarité, qui persistèrent si fortement pendant la période de la cité. Partout la religion, la guerre, la vie politique, toute Toi^nisation civique faisaient sentir à l'individu qu'il était seulement partie infinitésimale d'un grand tout. — Or, les danses chorales répondaient parfaitement au caractère collectif de la vie sociale en Grèce et il en était de même des chœurs, qui finirent par s'en séparer et constituer un genre purement littéraire. Le Péan marque sur ce point la limite longtemps indécise ; il était tantôt dansé, tantôt chanté (5), parfois associé à la marche ou même dansé en marchant (1) ; il pouvait servir, comme l'un de ces chants d'attaque, qu'on appelait <c èiteaTr^pia ». Les fameux chants de Tyrtée sont les types du genre et ils sont empreints d'un très vif sentiment de solidarité civique :

« Il est beau qu'un homme courageux tombe aux premiers rangs et

(11 Posnctt, Comparative Htterature^ 122. i) Posnctt, loc. cit., lUJ-lOi.

(3) Posnett, loc, cit., 1(X)-I()1.

(4) A. Croisct, Hist. de la littér, grecque, U, .'iOO-301. T)) A. Croiset, loc. cil,, II, 270-273.

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meure en combattant pour sa patrie... C*est une chose honteuse devoir étendu devant les jeunes guerriers et moissonné, aux premiers rangs, un vieillard dont la tète et la barbe sont déjà blanchies, de le voir exhaler dans la poussière une âme généreuse et, le corps dépouillé, cacher sous ses mains tremblantes les organes sanglants de sa virilité... Mais tout sied bien au jeune guerrier, encore dans las brillante fleur de ses années. Chaque homme Tadmire ; les femmes se plaisent à le contempler resplendissant et debout. Il n'est pas moins beau, lorsqu'il tombe aux premiers rangs. » (1). — a Qu'il est beau, l'homme, qui, un pied en avant, se tient ferme à la terre, mord ses lèvres et, sous le contour d'un large bouclier protégeant ses genoux, sa poitrine et ses épaules, brandit de la main droite sa forte lance et agite sur sa tête son

aigrette redoutable Pied contre pied, bouclier contre bouclier,

aigrette contre aigrette, casque contre casque, poitrine contre poitrine, luttez avec votre adversaire. » (2). — « La valeur est la plus précieuse qualité de l'homme C'est un bien pour l'état et le peuple de posséder un brave, qui combat aux premiers rangs avec courage et fermeté, qui, loin de penser jamais à une fuite honteuse, expose hardiment sa

vie et encourage à braver la mort celui qui est à ses côtés S'il perd

la vie, frappé au premier rang, il comble de gloire sa patrie, ses concitoyens et son père... Les vieillards et les jeunes gens le pleurent également... Sa gloire et son nom ne périssent pas; quoique reposant au sein de la terre, il est immortel, le guerrier courageux qui est tombé sous les coups du terrible Mars, sans crainte, ferme à son poste, combattant pour sa patrie et ses enfants, etc. » (3).

Les chœurs de la Grèce antique n'étaient pas toujours héroïques. 11 y en avait pour toutes les principales circonstances de la vie. Ainsi Vencomimi se chanta d'abord à la fin des banquets, pour célébrer Thôte, puis pour louer un homme dans des circonstances très diverses (4). Les hynmes étaient ordinairement des chœurs religieux, comme le «apeéviov, exécuté par des jeunes filles dans une marche religieuse, une procession (5). — Ces chœurs helléniques étaient bien antérieurs à la poésie homérique, qui pourtant les mentionne en-

(1) Première messénique (Traduction Falconnet).

(2) Deuxième messénique.

(3) Troisième messénique.

(i) A. Croisct, loc, cit., II, 340.

.5; A. Croiset, loc. ciL, II, 281.

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core. Les nouvelles épousées, dit Tlliade, étaient conduites par la ville, pendant qu'on chantait un chœur d'hyménée, que les jeunes hommes dansaient et que résonnaient les flûtes et les cithares (1). De même, le Bouclier d'Achille représente une fête chorale des vendanges. Dans ces chœurs, les paroles étaient souvent presque accessoires : de courtes phrases et des exclamations suflisaient à exprimer des sentiments très simples.

Certains hymnes, notamment ceux de Stésichores, ne sont plus destinés seulement à servir d'accessoire à une action, à une cérémonie, ou à louer une divinité. Ce sont des récits épiques ou mythiques : YOrestie, la Géryonéide^ etc. Ils étaient chantés par un chœur immobile et accompagnés non plus par la flûte, mais par la cithare (2).

A ces chœurs et hymnes de genre si divers, il faut ajouter encore les chants funèbres. Dans Tlliade, Achille et ses Myrmidons font trois fois le tour du cadavre de Patrocle en gémissant et poussant des lamentations (3). Du haut des remparts troyens Hécube, Priam, Andromaque pleurent Hector. Hécube et Andromaque prononcent alors de véritables discours funéraires (4), qu'elles recommencent un peu plus tard, lorsque le corps a été rendu aux Troyens. Le cadavre d'Hector est déposé sur un lit sculpté et des chanteurs de profession « gémissent un chant lamentable, auquel succèdent les plaintes des femmes » (5).

Certaines de ces coutumes, particulièrement celle des discours ou plutôt des lamentations de famille, subsistent encore dans la Grèce moderne et remontent certainement à une date plus lointaine que celle des poèmes homériques. Ces lamentations funèbres de la Grèce contemporaine s'ap-

(1) Iliade, XVm.

(2) A. Croiset, loc. cit., II, 314.

(3) Iliade, Chant XXIII.

(4) Iliade, XXII.

(3) Iliade, XXIV.

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pellent « myriologues », expression des plus emphatiques, qui veut évidemment désigner un désespoir sans bornes. Chez les montagnards indépendants, les Klephtes d*autrefois, et sans doute chez leurs descendants actuels, le myriologue est une improvisation chantée par une femme, parente du défunt. Les femmes grecques s'exercent de bonne heure à ce genre d'improvisation et il en est qui y acquièrent une véritable supériorité. Celles-là sont au besoin, invitées à remplacer les personnes de la famille moins bien douées (1). Parfois les myriologistes se laissent aller à des fantaisies imaginaires, racontent des rêves prophétiques dans lesquels Fange de la mort leur est apparu, etc. (2) ; mais dans son ensemble, le myriologue n'est jamais composé d'avance. Toujours il se chante sur un air plaintif, se terminant par des notes aiguës (3).

Cette coutume, très vivante dans l'Iliade, est encore mentionnée par Plutarque (4) ; elle dure et persiste depuis la plus haute antiquité non seulement en Grèce, mais en Corse où les colons helléniques Tont sans doute importée. En Corse, les myriologues s'appellent voeeri et les femmes, qui les prononcent, vocerairicL Les vocératrices corses sont souvent des sœurs du mort, plus rarement, mais parfois, sa mère ou sa femme. Le vocero se prononce, aussi bien quand la mort a été naturelle, que quand elle est résultée d'une vendetta ; mais dans ce dernier cas, elle a naturellement un accent particulier de fureur et de vengeance. En (irèce, les myriologues sont simples et pas plus longs qu'une chanson populaire. En Corse, ils revêtent parfois un caractère théâtral et se jouent, comme une représentation scénique ; la vocératrice s'interrompt, feint de s'évanouir ; des parentes lui donnent la ré-

(1) Fauricl, Chants populaires de la Grèce j t. I, CXXXV.

2) Ihid., CXXXVI.

(3, Ibid.^ I, CXXXVII.

V\ Im Consolation,

plique; quelquefois même on simule et on fait parler un chœur d'ennemis se réjouissant de la mort (1).

Le thème des voceri est toujours simple ; il comprend habituellement reloge du mort et des imprécations contre ses meurtriers, dans le cas de mort violente :

« 0 mon large d'épaules, & la taille fine î — Gomme toi, il n*y en avait pas ; Tu semblais un rameau fleuri. » (2). Ou bien : « Tu étais uo bandit plein d'honneur, «^ 0 mon mari accompli ! » (3} ; ou encore : « 0 Chéri de ta sœur, — que vois-je ce matin ? — Mon cerf au poil brun, - Mon faucon sans ailes !... Je baise tes blessures ! Est-il possible que cela soit vrai ? » (4).

Parfois la vocératrice rencontre des idées vraiment poétiques :

u Le soleil étoilait le ciel, — C'était un jour béni ; — Les oiseaux chantaient doucement — Et Ton respirait tout à Taise; — Toutes les fleurs étaient épanouies. -— Oh ! quel jour maudit ! » (5).

L'appel à la vengeance, l'espoir de rendre mort pour mort vont jusqu'au délire :

M De votre sang, ô mon père, — J'en teindrai un mouchoir, — Et, quand j'aurai envie de rire — Je le mettrai à mon cou ! » (6).

Parfois même on se laisse emporter par des souhaits de cannibale :

« De cet assassin — Pis que Caïn, — Ici le cœur, — Je veux, en morceaux ». — « Un peu le matin, — Un peu le soir, — J'en mangerai « (7).

Nous sommes loin des élégantes lamentations prêtées par Homère à Hécube, à Andromaque, à Hélène ; mais les voceri corses sont sûrement plus réalistes.

(1) F. Ortoli, Voceri de Vile de Corse, 195-207, etc.

(2) Ibid,, 223.

(3) Ibid., 243.

(4) Ibid., 301.

(5) Ibid., 249.

(6) Ibid., 2a3.

(7} Ibid., 253.

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