‹ L'évolution littéraire dans les diverses races humainesChapitre 146 sur 209 · LES AEDES ET LA MCSIQUË · texte numérisé non relu

LES AEDES ET LA MCSIQUË

Les Grecs modenies n'ont pas seulement reçu par héritage de leurs glorieux ancêtres la coutume des myriologues ; ceuxci leur ont aussi transmis les chants d'Hyménée. De même que dans la Grèce antique, ces chansons nuptiales de la Grèce actuelle sont ordinairement courtes : En voici un échantillon :

« Jeunes garçons, venez danser ; jeunes filles, venez chanter : — Venez voir, venez apprendre comment se prend Tamour. — Il se prend par les yeux ; il descend sur les lèvres ; — " Des lèvres il se glisse dans le cœur, et, dans le cœur, il prend racine. » (1).

Ce coup d'oeil comparativement jeté sur la Grèce primitive d'autrefois et sur la Grèce contemporaine, restée primitive, nous fait réellement assister à la naissance spontanée d'une poésie lyrique, souvent anonyme, dans de petits groupes ethniques dont les membres sont reliés par une solidarité plus on moins étroite, où chacun s'intéresse à tous et tous à chacun. Sous le rapport de cette genèse lyrique, nous sommes vraiment fondés à assimiler, à identifier la Grèce primitive d'autrefois à la Grèce de nos jours restée primitive. Nous savons du reste qu'en tout pays c'est ainsi que jaillissent les premiers chants. Exprimant des sentiments communs à tout un petit groupe social, ces chants, sont anonymes; leurs auteurs n'ont été que des interprètes de la pensée du clan, aussi la chanson, une fois* composée, a des ailes ; elle vole de bouche en bouche et souvent même se modifie quelque pou en durant • il s'en crée des versions plus ou moins nombreuses, analogues seulement pour le fond. Il nous reste à suivre la destinée de ces poésies populaires, à voir comment elles se conservent, comment aussi elles se chantent.

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