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II. — La musique et la danse en Polynésie

La musique polynésienne était surtout vocale. Pourtant les insulaires avaient quelques instruments, mais destinés principalement à faire du bruit. A la Nouvelle-Zélande, les seuls insiniments usités étaient une trompe, faite avec un grand coquillage appelé trompette de Triton, et un petit sifflet en bois (1). Aux Sandwich, à Taïti, on marquait la mesure avec des sortes de tambours sans membranes, des troncs d'arbres creusés, c'est-à-dire ces gongs en bois, que nous avons déjà trouvés en Mélanésie (2).

De la Nouvelle-Zélande à Tonga, on constate une gradation progressive de la musique instrumentale. Les Maoris n'avaient encore que deux ou trois espèces de flûtes rudimentaires et des grandes trompes d'appel en coquillages ou en bois. Ces dernières avaient trois ou quatre pieds de longueur et ne produisaient qu'une sorte de mugissement, de braiement monotone (3). Mais à Taïti, on se servait déjà de flûtes en bambou à deux ou trois trous. Les artistes taïtiens soufflaient dans ces instruments avec une narine et exécutaient ainsi quelques airs très simples, à trois ou quatre notes. Souvent, comme à la

•1) Gook (3« voyage), Hist. univ. voy., Vï, 188. (2; Cook, /oc. ci/., vol. IX, 356, 411 (3« voyage). .3) Cook {2« voyage), loc, cit., vol. VII, 332.

Nouvelle-Calédonie, on procédait par demi-tons ou quarts de tons (1).

Les Noukahiviens usaient aussi du gong et de la flûte nasale. Fréquemment ils se contentaient, pour marquer la mesure, de transformer leur cage thoracique en tambour ; ils appliquaient leur bras gauche sur la poitrine et frappaient violemment avec la paume de la main droite celle de la main gauche. Le thorax servait alore de caisse résonnante (2). Les Noukahiviens n'avaient apporté aucun perfectionnement à la flûte nasale; mais leurs femmes jouaient d'un harmonica en bois, sur les lames duquel elles frappaient avec un petit marteau de camarina (3). A Tonga, où les femmes se contentaient souvent de battre la mesure en faisant claquer leurs doigts, on avait imaginé cependant une sorte de flûte de Pan, composée de 10 à 11 petits roseaux juxtaposés et de longueur inégale; mais les plus longs étaient souvent placés au milieu de l'instrument. Enfin, à Tonga encore, la flûte simple était percée de six trous (/j).

Avec de tels instruments, la musique vocale devait forcément prédominer ; mais c'était souvent de la musique chorale, chantée par parties (5) et presque toujours dans le mode mineur (6). — Bien souvent aussi la musique et le chant étaient associés à la danse, et ces danses étaient toujours gesticulées, mimées. Les danses polynésiennes, ordinairement d'ensemble, chorales, comme le chant, étaient ou des danses de guerre ou des danses d'amour. Les premières étaient exécutées par les hommes ; les secondes par les femmes. A la Nouvelle-Zélande, où la civilisation était restée plus rude, plus primitive, on ne

(1) Cook, Ihid., 385.

(2) Kriisenstern, Hist. univ. voy., vol. XVII, 13.

(3) M. Radiguct, Derniers sauvages, 190.

(4) Cook (2« voyage), Uist. univ. voy., vol. VIII, 89 et (3« voyage}, tbid,^ voL X, 74.

(5) Cook (3« voyage), loc. ci7., vol. VI, 188. ;6) Radiguct, loc. cit., 212.

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