‹ L'évolution littéraire dans les diverses races humainesChapitre 79 sur 209 · C. — La Littératm^e des races mongoliques · texte numérisé non relu

C. — La Littératm^e des races mongoliques

Nous avons maintenant soumis à notre examen la littérature de tous les peuples de race mongolique, des Polynésiens, des Indiens sauvages d'Amérique, des Mexicains, des Péruviens, des Mongols et Mongoloïdes inférieurs en Asie, enfin des Japonais et surtout des Chinois. — Cette masse d'hommes, formant environ la moitié du genre humain, est, au point de vue littéraire assez pauvrement douée. La littérature ne prend un peu de couleur que chez les Mongols modifiés par les croisements, chez les Polynésiens, les Peaux-Rouges, les Indo-Chinois.

Ce n'est pas au degré de civilisation, c'est à la race même que tient, chez les Mongols, ce manque de verdeur littéraire; car il est déjà sensible chez les Tartares nomades et même chez les Esquimaux. Evidemment l'homme mongol est né mal pourvu du côté de l'impressionnabilité et de l'imagination, et il semble bien que ce manque de ressort mental ait un fàcheii\ effet sur Tintelligence elle-même ; car le Chinois, si anciennement civilisé, n'aime pas à courir les grandes aventures intellectuelles. La littérature élevée, celle des penseurs, des moralistes, des philosophes, est à courte vue ; pâle dans la

(1) Humbert, Japon illustré, II, 51, 61.

(2) Jancigny, Ibid., 160.

LA LITTERATCRE DES RACES MOXGOLIQUES. 221

forme, banale dans le fond, elle ne va guère au-delà des limites du gros bon sens.

Mais si ce terre à terre, cette myopie de l'esprit chinois, éloigne les écrivains des audaces de l'esprit, elle les écarte aussi des grandes folies et notamment de la plus inhumaine de toutes, de l'admiration, aveugle et si répandue, pour les atroces exploits guerriers. Ce détachement de la guerre ne résulte pas seulement d'une civilisation très âgée, puisque déjà les sauvages Esquimaux sont des pacifiques. — A coup sur c'est là une grande vertu, d'autant plus grande qu'elle n'est pas inspirée par la poltronnerie : les Chinois ne craignent pas la mort. Ce qui leur fait dédaigner la guerre, c'est hîur gi'os bon sens ; ils voient nettement que, dans ce jeu sanglant, le gain compense rarement la perte. Ce n\»st pas non plus la sensiblerie qui les désai*me ; les Chinois sont très p<ni impressionnables et même peuvent commettre froidement les plus atroces cruautés.

Toujours guidés par le gros bon sens, ils ont tiré de leur littérature un résultat, que, chez les autres peuples, les religions, seules, ont^ obtenu; ils s'en sont servis pour pétrir 1 ame de leur nation, la rendre uniforme. Aidée par une ins-, truction primaire très répandue et les efforts pei'sistants d'une administration homogène, ils ont su faire de leur littérature un très puissant instrument pour vulgariser, populariser certaines idées réputées utiles au point de vue social, et les graver dans toutes les têtes. L'exemple est unique et il a son importance.

En ce qui concerne l'évolution esthétique et littéi'aire, la genèse de la littérature en Chine confirme, une fois de plus, la simultanéité originelle de la danse, de la musique et du chant, aussi l'importance des danses chorales dans les clans primitifs. L'exemple de la Chine nous autorise de plus en plus à penser que la littérature scénique, dramatique, a été la plus ancienne et que la poésie lyrique a du s'en détacher plus ou moins tardivement.

A un autre point de vue, l'exemple de la Chine est instructif. Il montre combien le gouvernement monarchique, despotique et centralisé, est funeste à la beauté esthétique des œuvres littéraires ; car en les utilisant pour des fins qui lui sont particulières, il leur ôte toute spontanéité, les prive de leur charme natif, leur impose des formes rituelles, des thèmes arrêtés une fois pour toutes, même des tournures consacrées.

TROISIÈME SECTION La Littérature des peuples de race blanche

Page 1