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Les oriffiîips de la poésie arabe

Les races sémitiques, dont nous avons maintenant à déterminer la valeur littéraire, ne sont point métisses, comme la population de l'ancienne Egypte. Sans conteste, elles appartiennent aux races blanches, à celles qui se décernent à elles-

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mêmes le titre de races supérieures et le méritent aujourd'hui par certains côtés de leur nature. Nous allons voir cp qu'a été l'œuvre littéraire des Sémites, en l'étudiant successivement chez les Arabes, chez les Juifs et enfin dans les anciens empires de l'Assyrie, de la Chaldée, etc. — Cet ordre est indiqué, car il existe encore des Arabes pas trop éloignés de Télal primitif et qui ne semblent guère avoir modifié leurs mœurs et coutumes depuis que l'histoire en a signalé l'existence (1;; par conséquent leurs goûts et aptitudes littéraires pourront nous donner une idée approximative de ceux qui ont fleuri chez les Arabes préhistoriques. Enfin, pour remonter à un passé moins lointain, les traditions arabes et le Poème d'Antar nous fourniront le complément d'instruction nécessain*. Voyons d'abord ce qu'est l'esthétique littéraire chez les Bédouins modernes. En premier lieu, on peut constater que la musique est encore fort rudimentaire chez ces populations nomades. Le plus souvent en efl'et les chanteui's ou chanteuses n'ont, pour s'accompagner, qu'un tambourin très grossier, une sorte de plat creux, de forme ovale plutôt que ronde, et fait d'une terre grossière ; sur ce disque concave, on tend une feuille de parchemin (2). A ce tambour primitif on joint souvent une sorte de flûte ou de hautbois, que les Arabes d'Algérie fabriquent encore en un moment avec un roseau et dont ils jouent, des heures durant. Les odes qui les channent sont monotones, sans commencement ni fin ; ce sont de vraies arabesques musicales. Néanmoins les nomades aiment passionnément la musique, leur musique ; ils l'aiment en virtuoses impitoyables (3), tandis que la musique aryenne les laisse froids. Pendant l'expédition d'Egypte, Monge fit exécuter, au Caire, dînant des Arabes, par un grand nombre de musiciens, nos mélodies, nos marches militaires, mais sans produire le moin-

1 W.-G. Palgravo. Arabie centrale, 37. (2 Cil. Didier, Séjour chez ie grand chéri f, etc., 110. 3, W.-G. Palgrave, Arabie centrale ^ 272.

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