‹ L'évolution mentale chez les animauxChapitre 21 sur 65 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

association des idées, une sensation présente est perçue comme semblable à une sensation déjà éprouvée ou dissemblable d'elle. Gue la sensation passée ait été effectivement éprouvée par l’individu lui-même, ou léguée, pour ainsi dire, par ses ancêtres, peu importe : il n’y a pas là de différence essentielle. C’est qu'en effet il n'y a pas de différence essentielle à ce que les changements nerveux constituant le côté obverse de l'aptitude à percevoir aient été effectués durant la vie de l'individu ou bien durant la vie de l'espèce pour être ensuite conférés par l’hérédité à l’individu. Dans l’un et l’autre cas, le résultat physiologique et le résultat psychologique sont les mêmes : une sensation présente est également perçue par l'individu comme étant semblable à une sensation passée ou comme étant dissemblable, 11 n’est pas aisé tout d’abord de bien saisir la vérité de cette affirmation, mais la difficulté à ce faire gît dans ce fait que l’on ne distingue pas nettement la mémoire de l'association des idées. La mémoire, dans les phases inférieures où nous l’envisageons en ce moment, n’a rien à faire avec l’association des idées, à mon avis. Elle consiste simplement à percevoir une sensation présente en tant que différente d’une sensation passée ou semblable à elle : la première sensation n'ayant jamais pu faire entre temps l’objet d'une idée et ne se présentant même pas en tant que souvenir idéal lorsque la sensation se produit de nouveau. En d’autres termes, il n'y à pas d’acte de comparaison consciente entre les deux sensations, il n’y a même pas d’acte d'idéation, mais la sensation passée à laissé sa trace dans le tissu nerveux de l’animal, de telle façon que lorsqu'elle se présente à nouveau, elle ressort dans la conscience comme étant une sensation qui est non inconnue, mais familière, où, si elle est remplacée par une sensation dissemblable, celle-ci ressort comme étant une sensation inconnue, non familière. Que ces sentiments de familiarité ou de non-familiarité se produisent dans l'expérience de l'individu ou dans celle de l'espèce, cela ne fait pas de différence essentielle soit au point de vue psychologique, soit au point de vue physiologique de la question.

Je citerai brièvement ici quelques très intéressantes expériences faites par le professeur Preyer sur des poussins nouveau-nés, et qui montrent combien est intime l'union entre la mémoire héréditaire (ou instinct) el la mémoire individuelle, Il placa devant un poussin un peu de blanc d'œuf cuit, un peu de jaune d'œuf

cuit et un peu de graine de millet. Le poussin picora aux trois substances, mais pas plus souvent aux deux dernières qu’à des fragments de coquille, des grains de sable, ou encore aux taches et fentes du plancher sur lequel il reposait. En revanche, il revint souvent et attentivement au jaune d’œuf. Preyer enleva alors les trois substances, puis les rapporta au bout d'une heure. Le poussin les reconnut toutes trois et le montra bien en les dévorant, s’y consacrant exclusivement, et laissant entièrement de côté tous les autres objets non comestibles, Pourtant, dans la première expérience, il n’avait picoré qu'une fois au blanc d'œuf et n'avait pris qu’une seule graine de millet. L'expérience montre donc combien un poussin est apte à s'instruire par son expérience personnelle, tandis que, dans l'opinion de Preyer, la préférence primitive pour le jaune d’œuf démontre l'existence d’une faculté héréditaire de reconnaître et distinguer les saveurs.

Ces expériences servent à nous amener à cette phase de la mémoire où l'association des idées survient pour la première fois, Ce principe de l'association des idées constitue, à travers toutes les phases subséquentes, ce qu’on peut appeler le principe vital de la mémoire. Les poussins, en effet, qui ont d’abord picoré des objets non comestibles, en présence d'objets comestibles, puis une heure après, ont été capables de distinguer ces deux classes d'objets, ont dû établir une association d'idées définie entre chacun des objets examinés dans leur première expérience, et leur nature alimentaire ou non alimentaire, mais il est à remarquer que, du moment où ces associations définies se sont établies aussi vite, et à la suite d’une seule expérience individuelle dans chaque cas, nous pouvons à peine éviter de conclure que l’hérédité a dû avoir nne grande part, sinon la plus grande, dans l’opération, de mème que nous devons supposer que l'hérédité a été exclusivement en jeu lorsque le poussin a distingué dès le début le jaune d'œuf (1).Ceci montre combien les phénomènes de la mémoire héréditaire sont intimement unis à ceux de la mémoire individuelle : à cette phase de l'évolution de la mnémonique, où se produit pour la première fois chez de très jeunes animaux

(1) Il me semble douteux cependant que l’hérédité portât ici sur la faculté de distinguer les saveurs, comme le suppose Preyer, étant donné que, dans la nature, un poussin n'a jamais pu avoir l'occasion de goûter à un jaune d’œuf cuit. Peutêtre est-ce la couleur jaune qui a affaire avec re choix, beaucoup de graines présentant une leinte plus ou moins jaune.

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le fait de l'association simple des idées, il est pratiquement impossible de séparer les effets de la mémoire héréditaire de ceux de la mémoire individuelle.

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Association des idées.

Je réserverai pour mon chapitre sur l'imagination une analyse complète de l’idéation. Mais, à propos de la mémoire, il est nécessaire de dire quelques mots de l’association des idées. C’est ce que je vais faire maintenant, bien qu’il y ait quelque inconvénient à considérer la propriété qu'ont les idées de s’associer avant de considérer les idées elles-mêmes. La vérité est qu'ici, comme ailleurs, il est difficile de traiter des facultés mentales dans l'ordre probable de leur évolution, parce que ces facultés voudraient être examinées séparément, bien qu'elles ne soient pas nées séparément ou dans un ordre chronologique déterminé. Pour faire face à cette difficulté, on est obligé, de temps à autre, d’escompter dans les premiers chapitres des principes généraux et bien connus dont l'étude détaillée forme le sujet de chapitres ultérieurs. Nous sommes en ce moment en présence d’une difficulté de ce genre qui nous oblige à étudier d’une façon quelque peu prématurée ce que je puis appeler les éléments de l’idéation.

Dans tout le cours de cet ouvrage, j’emploierai le mot idée dans son sens le plus étendu. Gomme il est peu de mots qui aient été employés dans des ser; plus variés, il sera bon, dès maintenant, | de dire quel en ex, à mon avis, le sens général, celui que j'adop- | terai, ai-je déjà dit,

Si, après avoir regardé un arbre, je ferme les yeux et évoque | une image mentale de ce que je viens de voir, je puis dire indifféremment que je me rappelle ou que j'imagine l’arbre ou que | j'en ai une idée. L'idée, dans ce cas, serait simple ou concrète, le simple souvenir d’une perception sensitive antérieure. Entre ceci et le produit le plus élevé de l'idéation, il y a tout l'intervalle qui sépare le développement maximum du développement minimum des facultés mentales. L’étendue de la sigr.fication ainsi accordée | au mot idée à paru à certains écrivains trop considérable : aussi lui ont-ils imposé des limites variables ; mais toutes ceslimites sont artificielles : aussi ne limiterai-je nulle part ce mot en lui-même; si j'ai à parler particulièrement de telle ou telle classe d'idées, je le ferai en employant les adjectifs convenables, tels que « con-

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crètes », « abstraites » et « générales », adjectifs dont j'expliquerai plus loin la signification. Pour le moment, qu'il me suffise de dire que, lorsque j’emploie le mot idée seul, j'entends l’employer en tant que terme générique. Nous avons déjà vu, lorsque nous avons traité du côté physiologique ou objectif de l’idéation (#7 chapitre sur les Bases physiques des facultés mentales) que les idées ont une tendance notable à s’associer en groupes, de façon à constituer une idée complexe au moyen de plusieurs idées plus simples ou plus élémentaires, et aussi qu’elles ont une non moins notable tendance à se grouper en séries enchainées, telles que l'évocation du premier membre de la série détermine l'évocation successive des autres membres, Vu du côté physiologique, comme nous l'avons remarqué, ceci est analogue, d’une part, à la coordination des mouvements musculaires dans l’espace (par exemple le groupement de mouvements pour former un acte simultané, tel que l'acte de frapper), de l'autre à la coordination des mouvements musculaires dans le temps (par exemple, le groupement de mouvements pour former un acte sérial, tel ‘que l'acte du vomissement). On voit, par l’observation, que ce groupement des idées est déterminé soit par la contiguité, soit par la similitude. Ce fait est trop bien et trop généralement connu pour qu'il soit nécessaire d’en dire plus à ce sujet.

L'association par la contiguité est antérieure, chronologiquement à l’association par la similitude, car, pour qu'il puisse y avoir association par la similitude, il faut que la similitude soit perçue, ce qui suppose un degré d’évolu:ion mentale plus élevé que celui qui est nécessaire pour la formation d’une association par contiguité ; cette dernière, en effet, peut s'établir même entre des processus nerveux non mentaux dans lesquels il est impossible de découvrir quoi que ce soit d'analogue à l’association par similitude (1).

Mais on remarquera que même l'association des idées par la contiguité la plus simple suppose un développement de la mé-

(1) Le fait curieux suivant, que je trouve exister de mème chez la majorité des personnes, est peut-être celui où l’analogie avec cette dernière forme d'association serait le plus rapprochée. Si l'on prend un crayon dans chaque main, et si, pendant que de la main droite on écrit sa signature de gauche à droite, la main gauche imite les mouvements de la droite, en marchant en sens opposé, on verra que la main gauche a écrit la signature en arrière, et que l'écriture même peut

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ASSOCIATION DES IDÉES, it

moire supérieur aux lrois phases de développement déjà indiquées. Ici, il n’y a plus seulement la mémoire d'une sensation passée (qui dort jusqu'au moment où elle est réveillée par une autre sensation semblable ou dissemblable), mais il y ala mémoire de deux choses au moins, et la mémoire d’une relation de séquence entre elles antérieurement constatée. Il y a donc ici une nouvelle phase dans l’évolution de la mnémonique.

Lorsque cette phase est arrivée à un point assez avancé dans son développement, de telle sorte que de nombreuses idées concrèles et composées sont associées en chaînes de force variable et composées de chainons plus ou moins nombreux, il existe un nombre suffisant de données psychologiques pour que la phase suivante de la mémoire puisse être atteinte, celle où se produit l’association par similitude. Le professeur Baïn fait la remarque suivante à ce sujet : « La force de contiguité unit dans l'esprit des mots qui ont été prononcés en même temps, la force de similitude amène ensemble des souvenirs d’époques différentes et de circonstances et connexions également différentes, et de plusieurs séries anciennes fait une nouvelle série (1). » Il en est de même dans les sphères inférieures de la mémoire animale que dans les sphères supérieures de la mémoire humaine : l'association par la similitude implique un développement de lidéation supérieur à celui que suppose l'association par contiguité.

La phase suivante, et c’est la dernière, du développement de la mémoire, se rencontre quand la réflexion permet à l'esprit de localiser dans le passé l'époque à laquelle un événement dont la mémoire est conservée a eu lieu, C’est ici la phase qui porte le nom de souvenir : celui-ci existe dans tous les cas où l’esprit sail

"que quelque association des idées a été formée antérieurement, « ct où, par conséquent, il est capable de fouiller dans la mémoire © jusqu'à ce qu'il ait ramené à la conscience l'association particu-

lière demandée.

J'ai maintenant esquissé les phases successives de l'évolution

4 Ôlre reconnue si on la lit avec un miroir. Comme la main gauche peut n'avoir M jamais exécuté cet acte auparavant, et ne peut pas l’exécuter si la main droite ne 4 fonctionne pas en même temps, il semblerait qu'il y eût ici association par simililude. Mais je crois qu'en réalité il s’agit ici d’une association par contiguïlé ; il

2 cnest de même dans la difficulté qu’il y a à remuer les mains, comme pour carder 2 de la laine, dans des directions opposées,

(1) Senses and Intellect, p. 469.

de la mémoire, délimitant ces phases partout où cette délimitation était possible. Je n'ai point besoin de dire qu'ici, de même que dans tous les cas analogues, je considère ces lignes de démarcation comme purement arbitraires ; je ne les ai tracées que pour donner une idée générale des progrès d'une faculté continuellement en voie de développement. Je terminerai maintenant ce chapitre par un rapide coup d'œil sur le règne animal et sur le développement de l'enfant pour y envisager l'évolution de la mémoire.

Occupons-nous d'abord de l'enfant, J'ai considéré l'âge de sept semaines comme étant celui où il faut placer la première preuve de l'existence de la mémoire dans l'association des idées, Je pense ainsi paice que j'ai vu que c'est ici l'âge où les enfants élevés au biberon reconnaissent pour la première fois le biberon, c'està-dire un objet artificiel sans odeur ni autre propriété susceptible d'éveiller des instincts ancestraux, objet que les enfants semblent toujours reconnaître avant tout autre. Locke, je dois le dire, cite le fait de reconnaître le biberon comme contemporain du fait de reconnaître les verges, mais comme nos idées en matière d'éducation ont quelque peu progressé depuis l'époque de Locke, il serait difficile de vérifier actuellement l'exactitude de cette assertion.

Chez ma propre enfant, j'ai vu que la faculté d’associer les idées s’accrut pendant la neuvième semaine ; aussitôt que sa bavette avait été mise, ce qui se faisait toujours et uniquement au moment de lui donner le bii sun, elle cessait de crier pour le biberon. À ce même âge, je remarquai que lorsque je mettais son chausson de laine sur sa main, elle le contemplait avec grande attention, comme si elle s'apercevait que quelque changement singulier était survenu dans l’apparence habituelle de sa main. À dix semaines, elle connaissait si bien son biberon qu’elle en placait elle-même la tétine dans sa bouche; quand on le lui permetlait, elle tenait elle-même la bouteille pendant qu’elle tetait. En général, cependant, elle ne réussissait pas dans ses tentatives d'introduction de la tétine dans la bouche, et cela par défaul de coordination des muscles; la tétine venait frapper diverses parties de son visage ; alors elle criait pour que sa bonne vint l'aider. Preyer raconte (1) qu'à l'âge de huit mois, son enfant

(1) Loc. cit.,p. 42,

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était capable de classer toutes les bouteilles de verre comme ressemblant à son biberon ou appartenant à la même classe d’objets. Je puis ajouter que, à sept semaines, mon enfant se mettait à crier dès qu'on la laissait quelques minutes seule dans une chambre sans bruit; c'est là un fait qui semble indiquer aussi une faculté rudimentaire d'associer les idées, et la perception d’un 2 changement dans l’état de son entourage habituel.

Si nous en venons maintenant au règne animal, nous voyons L que le premier signe de la mémoire, dans l'échelle psychologique, se rencontre chez les gastéropodes. En effet, nous voyons la patelle retourner à sa niche dans le roc après avoir fait une excursion pour chercher sa nourriture (1). Ce fait démontre, si je ne

2 me trompe, la faculté de se rappeler un endroit, et comme un tel 4 degré de mémoire peut à peine être regardé comme le plus élémen- “aire, nous pouvons supposer raisonnablement que cette faculté existe en réalité plus bas dans l'échelle zoologique, bien que Mnous n'ayons jusqu'ici aucune observation établissant le fait. De Mplus, comme les huîtres apprennent par expérience individuelle,

acquise dans les parcs d’huîtres, à garder leurs coquilles closes

4 pendant un temps beaucoup plus long qu’elles ne le font naturel- Jement lorsqu'elles n'ont pas été dressées à ce faire (2), nous de-

3 ‘ons conclure qu’une vague faculté mnémonique existe également chez cette catégorie des mollusques. Le solen manifeste aussi de a mémoire, et à un degré considérable, car, s’il a été une fois 4 effrayé lorsqu'il a voulu sortir de son trou, il est imp;ssible de 1 ui persuader de sortir, pendant longtemps même, par l’applica- Aion d'irritants (3). Le niveau atteint par le développement de la mémoire chez l’escargot paraît plus élevé encore, si nous admet- Mons l'observation faite par M. Lonsdale sur un //elir pomatia qui, Mprès avoir abandonné son compagnon malade et avoir passé par- Messus un mur de jardin, retourna le jour suivant à l'endroit où avait laissé son compagnon (4). Mais c'est certainement chez æs céphalopodes que, parmi les mollusques, la mémoire atteint bn plus haut développement; d’après Hollmann (5), un octopus e rappelait rémarquablement bien sa lucte avec un homard, et

© Intelligence des animaux, chap. 11, © (2) Jbid., chap. nr.

3) Ibid., chap. n.

) Ibid., chap. n.

À 215) Ibid., chap. 11.

d’après Schneider (1), les antmaux de cette espèce apprennent connaître leurs gardiens. :

Considérant que la mémoire existe indubitablement à diverses phases de développement chez les mollusques, j'ai cru utile de faire quelques expériences à cet égard sur les échinodermes; mais les résultats en ont été négatifs. On a affirmé que si une astérie est enlevée de ses œufs, elle retournera à l'endroit où ils se trouvent ; si cette assertion était confirmée, elle prouverait l'existence de la mémoire chez les échinodermes. Jusqu'ici je n’ai pas eu l’occasion de la vérifier ; mes expériences se bornent à des tentatives d'enseigner aux astéries quelques lecons simples qu'elles n'ont point voulu apprendre, ainsi que je l'ai fait déjà pressentir. Je suis plus étonné d’avoir échoué à cet égard chez les crustacés supérieurs, car, malgré que j'aie fait sur eux des expériences analogues, je n’ai jamais pu leur apprendre les choses les plus simples. Ainsi, par exemple, j'ai pris un bernard-l’hermite, je l'ai mis dans un bassin plein d’eau, et lorsqu'il sortait sa tête de la coquille qu'il avait prise pour logement, j'avancais doucement vers lui une paire de ciseaux ouverts et lui donnais beaucoup de temp: pour voir cet objet brillant. Alors, amenant les deux branches à embrasser l'extrémité d'une de ses antennes, j'en coupai rapidement le bout. Naturellement l'animal se retira immédiatement dans sa coquille et y demeura un temps considérable. Quand il sortit de nouveau, je répétai l'opération comme précédemment, et ains de suite jusqu'à ce qu'il ne restât plus rien des antennes. Pourtant l'animal n'apprit pas à associer l'apparition des ciseaux avec l'effet qui suivait invariablement celle-ci, car il ne se retirait jamais qu'à prèsune nouvelle mutilation. Pourtant, une observation citée dans l'/ntelligence des animaux (chap. 11) prouve bien que la mémoire existe chez les crustacés supérieurs; elle a trait à un homard mon: Lant la garde sur un tas de petites planches minces au-dessous duquel il avait auparavant caché de la nourriture. Dans une autre classe des articulés, la faculté de la mémoire s'est développée à un degré extraordinaire et dépasse de beau coup le degré atteint par n'importe quelle autre classe d'inverté.

brés. Je fais allusion aux insectes et particulièrement aux hymé-,

noplères. Sans citer ici au long les preuves données déjà par moi sur ce sujet dans mon précédent ouvrage, qu’il me suffise de dire

(1) Intelligence des animaur, ehap. n.

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