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* Le sujet de nos recherches étant l’évolution mentale, il est bon que nous commencions par nous expliquer nettement sur ce que nous entendons par l'esprit (2), et par définir les conditions dans
- lesquelles l'esprit est connu comme se manifestant invariable-
“ ment.
+ Dans ce chapitre donc, je traiterai de ce que je pense être le
| criterium de l'esprit ; dans le chapitre suivant, j’en viendrai à la
* considération des conditions objectives dans lesquelles seules
{ l'existence de l'esprit est observée. Il est évident, alors, pour commencer, que par esprit nous entendons deux choses fort 2 différentes, selon que nous l’examinons en nous-mêmes, ou que
“ nous en envisageons les manifestations chez d’autres êtres. Car, si * j'examine mon propre esprit, j’ai une connaissance immédiate 4 d’un certain courant de pensées et de sentiments, qui sont les
* choses les plus reculées — en fait les seules cho.:s — dont j'aie
connaissance. Mais si je l’examine chez d’autres personnes ou … dans d’autres êtres, je ne puis avoir de connaissance immédiate Ë analogue de leurs pensées et sentiments ; je ne puis que conclure LE l'existence de ces pensées et de ces sentiments, des actions des
; (1) Nous traduisons le mot anglais #ind par esprit, en l'absence de tout autre mot français plus approprié. Ni dme ni intellect ne sauraient rendre la nuance rue par mind, qui est l’équivalent du mens latin, (Trad.)
(2) Il s'est trouvé nécessaire, dans mon livre sur l’Intlelligence des animaux, de toucher rapidement à cette question; aussi m'efforcerai-je de rendre par les
À prune termes, autant que possible, les parties de l’analyse qui sont communes
au précédent ouvrage et à celui-ci.
XVIL nes ou êtres qui semblent les manifester. Il s'ensuit que par
Guy nous pouvons enter - ‘antôt ce qui est subjectif, tantôt ce qui est objectif.
Dans tout le cours du présent livre, nous devrons considérer l'esprit comme un objet : il est donc bon de se rappeler que notre seul instrument d'analyse consiste dans l’observation des modes d'activité que nous concluons être provoqués par des antécédents mentaux analogues à ceux dont nous sommes directement conscients dans notre propre expérience subjective, ou que nous croyons leur être associés.
C'est-à-dire que, partant de ce que je connais subjectivement des opérations de mon esprit à moi personnel, et des modes d’activité que, dans mon propre organisme, ces opérations semblent provoquer, je procède par analogie, pour conclure des modes d'activité que je puis observer dans les autres organismes au fait que chez eux aussi il existe certaines opérations mentales formant la substructure de ces modes d'activité, ou les accompagnant.
La question étant ainsi posée, il devient évident que notre connaissance du travail mental dans n'importe quel être autre que nous-même n'est ni subjective ni objective. Je n'ai pas à m'arrêter à démontrer qu'elle n’est pas subjective. Quelques instants de réflexion prouvent avec évidence qu’elle n’est pas objective non plus. Car il est évident que les modes d'activité mentale chez d’autres êtres ne sauraient jamais nous être connus directement : comme je viens de le dire, nous ne pouvons qu'induire leur existence des sources objectives fournies par les faits et gestes de ces mêmes êtres. Par conséquent, toute notre connaissance des activités psychiques autres que la nôtre propre consiste en réalité dans une interprétation inductive d’activités physiques : cette interprétation reposant sur notre connaissance subjective de nos propres activités psychiques.
Par induction, nous projetons, pour ainsi dire, les modèles de notre propre chromographe mental sur le voile — autrement dépourvu de toute expression — d’un autre esprit, et la seule connaissance que nous ayons de ce qui se passe derrière ce voile est due à ce que nous projetons sur lui, subjectivement, ce qui se passe en nous-mêmes. Ce sujet a été clairement exposé par feu le professeur Clifford, qui a créé le terme fort bien choisi de eect (par opposition à oëjet et sujet) par lequel il entend désigner le caractère distinctif d’un esprit (ou d’un processus mental) autre
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* notre connaissance possible des autres esprits comme étant 1 éjective.
Dans cette méthode d'investigation hécéssairément éjectivé, quelle est la catégorie d'activités qué nous aÿons lé droit de tegarder comme indiquant l'existence de l'esprit? Certainetnent, jé ne puis regarder comme telles l'activité d’écouletnent d'une tivière, ou le souffle du vent. Pourquoi? D'abord, parcé que Îlés objets en question sont trop dissemblables par rappori à mof propre être pour qu’il me soit possible d'établir quelque analogie raisonnable entre eux et lui; en second lieu, parce que les activités qu’ils manifestent sont invariablement de la même sôrte dans les mêmes circonstances; en conséquence, ils n’offrent aucune preuve de ce que je regarde comme le caractère distinctif de moñ esprit en tant qu’esprit : la conscience. En d'autres termes, deux conditions doivent être satisfaites avant que nous ne commencions même à imaginer que des activités observées indiquent l'existence d’un esprit; ces activités veulent être m' aifestées par un organisme vivant; il faut qu’elles soient de natu. : à suggérer l’idée de la présence d’une conscience. Que faut-il alors prendre
comme criterium de la conscience ?
j Subjectivement, aucun criterium n'est nécessairé ni possible; “pour moi individuellement, ma propre conscience est un terme “ultime; elle ne peut donc admettre un criterium ayant des pré- “tentions à une certitude plus complète. Mais éjectivement, il faut quelque criterium, et comme ma conscience fé peut empiéter sur le domaine d’une conscience étrangère, je ne puis juger de cette dernière que par ses ambassadeurs ; ces ambassadeurs sont, éomme je l'ai souvent dit, les phénomènes d'activité de l’orgahisme,
… La question qui se pose maintenant est celle-ci : Quels phéno-
«mènes doit-on considérer, parmi ceux que manifeste un orga-
Mnisme, comme indiquant la conscience? La tréponse qui vient
“aussj'àt est : Tous ceux qui indiquent un choix; quand nous voÿôns un organisme vivant, paraissant choisir intentionnellemént, nous
“pouvons induire que ce choix est conscient, et que, par conséquent, l'organisme en question possède un esprit. Mais la physio-
“logie montre que cette réponse ne peut convenir; car, sans discuter la question de savoir s'il peut y avoir esprit sans la faculté
du choix conscient, elle nie très fermement, comme nous le verrons au chapitre suivant, que tout choix apparent soit dû à l’esprit. On oppose à la réponse faite plus haut toute l'armée des actes réflexes, et, à l'égard des adaptations indépendantes de l’esprit, mais en apparence intentionnelles, nous avons besoin de quelque pierre de touche qui nous révèle si le choix est réel ou apparent. Le seul moyen dont nous disposions consiste à rechercher si les adaptations manifestées sont toujours les mêmes dans les mêmes circonstances d'excitation. La seule distinction entre les mouvements adaptés dus à uae action réflexe et ceux qui s’accompagnent d’une perception mentale consiste en ce que les premiers dépendent de mécanismes héréditaires du système nerveux, construits de façon à produire des mouvements adaptés spéciaux, en vue de répondre à des excitations spéciales; les derniers, au contraire, sont indépendants de toute adaptation héréditaire de ces mécanismes spéciaux aux exigences de circonstances spéciales. Les actes réflexes, sous l’iniluence des excitations appropriées, peuvent être comparés aux mouvements d’une machine manipulée par un mécanicien; lorsque certains ressorts sont touchés par certains excitants, la machine tout entièr: se meut ; il n’y a pas là possibilité de choix, d’hésitation ; de même aussi sûrement que n'importe lequel de ces mécanismes héréditaires est affecté par l'excitation sous l'influence de laquelle il doit réagir, ayant été construit pour cette excitation même, aussi sûrement il agira précisément comme il a toujours agi.
Mais dans le cas d'adaptation avec conscience, il en va tout autrement. Sans entrer dans la question des relations de l'âme et du corps, sans nous attarder à demander si les cas d'adaptation consciente ne sont pas, en réalité, tout aussi mécaniques en ce qu'ils seraient le résultat nécessaire ou corrélatif d’une chaîne de phénomènes psychiques consécutifs dus à une excitation physique, il est'suffisant de montrer le caractère variable et imprévu des adaptations conscientes par opposition au caractère constant et prévoyable des adaptations réflexes.
Tout ce que dans un sens objectif nous pouvons entendre par une adaptation mentale (1) est une adaptation d’un genre qui n'a pas été définitivement fixé par l’hérédité, comme étant la seule adaptation possible dans des circonstances données d’excitation.
(1) C'est-à-dire adaptation consécutive à un acte mental, ou accompagnant celui-ci, ou adaptation consciente et voulue. (Trad.)
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Car, s’il n'y a avait pas d’alternative dans l'adaptation, il serait : impossible, chez l'animal tout au moins, de distinguer l'acte ré- “ flexe et l'adaptation mentale.
» C'est donc lors de l'exécution d'un acte adapté, exécuté par un organisme vivant dans les cas où les mécanismes héréditaires du système ner! zux ne fournissent pas de données pour ia prévision de ce que l’action adaptée sera nécessairement ; c'est seulement dans ce genre de cas que nous reconnaissons l'élément esprit.
En d’autres termes, au point de vue éjectif, l'élément caractéristique de l'esprit, c’est la conscience ; la preuve de la conscience, c’est le fait de choisir; la preuve du choix se trouve dans l’hésitation de l'acte entre deux ou plusieurs alternatives. | A cette analyse, il est cependant nécessaire d'ajouter que, bien que notre seul criterium de l'esprit se trouve dans l'hésitation qui précède l'acte adapté, il ne s'ensuit pas que toute action adaptée dans laquelle l'esprit joue un rôle soit nécessairement précédée d’une hésitation; inversement, nous ne devons pas regarder comme non mentale (ou non consciente) une action adaptée, parce qu'elle n’a pas été précédée d’une hésitation.
Beaucoup d’actes adaptés auxquels nous reconnaissons un Caractère mental, sont évidemment prévoyables, dans des circon- Stances données, et inévitables; mais l'analyse montrerait que ceci n’a lieu que dans les cas où nous envisageons des agents que, déjà, et pour des raisons autres, nous considérons comme menfaux.
* En prenant l'évidence du choix comme criterium objectif, ou éjectif de l'esprit, je ne crois pas nécessaire d'entrer dans l’analyse de ce qui constitue cette évidence. Dans un chapitre subséquent, je traiterai à fond ce que j'appelle la physiologie, ou l’aspect objectif du choix; l’on verra alors que, par la manière selon laquelle le choix ou l'élément esprit se développe, il n’est pas pratiquement possible de tracer une ligne de démarcation entre les agents qui choisissent et ceux qui ne choisissent pas. Aussi, sur te point, je préfère m’en tenir à l'acception ordinaire de ce terme, “comme impliquant une distinction que le sens commun a toujours
établie et établira probablement toujours entre les agents mentaux
et les non mentaux. On ne saurait dire correctement que la ri- -vière choisit le cours de son écoulement, ni que la terre choisit “une ellipse pour y évoluer autour du soleil. De même, si com-
Pplexes que puissent être les opérations d'un agent reconnu comme
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non mental, par exemple celles d'une machine à calculer, ou si “que impossible qu'il puisse être de prédire le résultat de ses actes, iment nous ne disons jamais que de telles opérations ou de tels actes “mène sont dus au choix; nous réservons ce terme pour les opérations catég ou actes, si simples qu’en puisse être le résultat, et si facilement que 1 qu’on le puisse prévoir, qui sont accomplis, soit par des agents l'un « qui, en vertu de la nature non mécanique de ces actes, se mon- Lai trent être mentaux, soit par des agents déjà reconnus comme corps mentaux, c’est-à-dire par des agents qui se sont déjà prouvés auqu( mentaux par l’accomplissement d’autres actions d’un caractère tons non mécanique et imprévoyable tel, que nous sentons ne pou- senti voir les attribuer qu’au choix. On ne peut raisonnablement pas ad douter que cette distinction de sens commun entre les êtres choi- existe sissants et les non-choisissants ne soit valide. tinctic Bien qu'il puisse être difficile ou impossible, dans certains cas des à particuliers, de décider dans laquelle de ces deux catégories il choix faut classer tel ou tel être, cette difficulté n’atteint pas la validité Tel de la classification, pas plus que la difficulté de décider si la li- d'une mule doit être classée parmi les crabes ou avec les scorpions n'at- telle q teint la validité de la classification qui sépare le groupe crustacé « C du groupe arachnide. dans | Ce qui est essentiel, c’est que, malgré les difficultés spéciales à fourni classer tel ou tel être dans l’une ou l’autre classe, la classifica- décess tion psychologique que je défends ressemble à la classification que nc zoologique que j'ai citée; elle est valide, d'autant plus qu'elle re- de l'es connaît une distinction là où il y a certainement quelque chose à cours | distinguer. Car, même si nous envisageons les processus mentaux blir de comme les plus mécaniques possible, et si nous supposons que près le l'intelligence consciente ne joue aucun rôle dans la détermination ne sau de l’action, il reste toujours ce fait, savoir que l'intelligence con- déjà d sciente existe, et que, préalablement à certains actes, elle est tou- prévis jours affectée d’une certaine façon. Par conséquent, même en des m supposant que l’état des choses est pour ainsi dire accidentel et vie. » que les actes dont il s’agit seraient accomplis toujours de la mème Il es façon, qu’ils fussent ou non en relation avec la conscience, il de- que so meurerait désirable que, pour les besoins scientifiques, une dis- bord, « tinction nette fût établie entre les cas d'activité qui se passent de être m celte remarquable 2s5ociation avec la conscience et ceux qui s'en invers
accompagnent, Comme les phénomènes de subjectivité sont en dans d tous cas non moins réels que ceux de l'objectivité, si l'on trouve Ælfet, «
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ultés spéciales à se, la classificala classification t plus qu'elle requelque chose à ocessus mentaux s supposons que la détermination intelligence contes, elle est touuent, même en ire accidentel et ours de la mème onscience, il deifiques, une disui se passent de et ceux qui s'en ectivité sont en té, si l’on trouve
‘que quelques-uns de ces derniers sont inyariablement et fidèle-
ment reflétés dans ceux de la première catégorie, de tels phéno-
‘mènes méritent, pour cette raison seule, d'être placés dans une
catégorie scientifique distincle, quand bien même il serait prouvé que le miroir de la subjectivité pourrait être enlevé sans affecter l'un quelconque des phénomènes d’objectivité.
Laissant donc de côté la question des relations de l’âme et du corps, il est suffisant de dire que, quel que soit le point de vue auquel la nature de ces relations sont envisagées, nous nous sentons autorisés à distinguer les modes d'activités accompagnés de sentiments de ceux qui, autant que cela se peut juger, n’en sont pas accompagnés. Si l’on nous accorde ceci, il ne nous semble pas exister de terme meilleur que choix, pour faire comprendre la distinction, et les êtres qui sont capables de choisir leurs actes sont des êtres capables de sentér les stimulants qui déterminent ce choix.
Tel étant notre criterium de l'esprit, nous pouvons le définir d'une façon plus pratique et plus appliquée, de la façon suivante, telle que je l’ai formulée dans mon livre : l’/ntelligence des animaux,
« C'est donc dans l’acte adapté, exécuté par un organisme vivant, dans le cas où le mécanisme héréditaire du système nerveux ne fournit pas de données pour prévoir ce que l’acte adapté doit être nécessairement, c’est seulement dans les cas où cet acte se produit que nousreconnaissons l'évidence objective de l'esprit. Le criterium de l'esprit que je proposerai, et auquel je me tiendrai durant le cours de ces pages, est le suivant : L'organisme apprend-il à établir de nouvelles adaptations, ou à en modifier d’anciennes, d'après les résultats de son expérience personnelle? Si oui, le fait ne saurait s'expliquer par une simple action réflexe dans le sens déjà décrit; car il est impossible que l’hérédité ait pu faire des prévisions relativement aux innovations ou altérations possibles des mécanismes d’un être en particulier, durant le cours de sa Mie. »
* Il est deux points à observer à l'égard de ce criterium, quels que soient les termes dans lesquels nous le formulions. Tout d’abord, ce criterium n'exclut pas rigoureusement un caractère peutêtre mental dans des adaptations en apparence non mentales ; inversement, il n'exclut pas un caractère peut-être non mental dans des adaptations en apparence mentales. Il est certain, en effet, que le fait de ne point s’instruire par les expériences per-
sonnelles n’est pas un argument décisif contre l'existence de l'esprit; pareil insuccès peut provenir d'un défaut de mémoire, ou de l’absence d’une quantité suffisante de l'élément esprit pour mettre les adaptations à la hauteur des circonstances nouvelles auxquelles elles ont à répondre. Inversement, il est également avéré que certaines parties de notre propre système nerveux, qui n'ont rien à faire avec les phénomènes de la conscience, sont néanmoins susceptibles d'acquérir une certaine éducation par suite de l'expérience personnelle. Le système nerveux de l'estomac, par exemple, est à tel point susceptible d'adapter les mouvements de cet organe aux nécessités auxquelles son expérience l’a habitué, que si cet organe était un organisme, nous risquerions de lui accorder une vague intelligence. Cependant, il n’y a pas de preuve établissant que les agents non mentaux soient capables, dans une mesure quelque peu considérable, de créer des adaptations rappelant celles qu’emploient les êtres mentaux. Lors donc que nous faisons l'application pratique de notre criterium, il y a plutôt à craindre le danger inverse, consistant à refuser l’esprit aux êtres qui en sont doués. Car, ainsi que je l’ai fait remarquer dans /’/telligence des animaux, «il est évident que, bien avant que l'esprit ait été suffisamment avancé dans son développement pour pouvoir être soumis à l'épreuve probatoire en question, il a dû commencer par n'être qu’une subjectivité naissante. En d'autres termes, de ce qu'un animal à organisme élémentaire n’apprend pas malgré son expérience personnelle, nous n’avons pas le droit de conclure que, lorsqu'il répond par ses adaptations ancestrales ou naturelles aux excitations appropriées, l'élément conscience ou esprit fait totalement défaut; tout ce que nous pouvons dire, c'est que cetélément, s’il est présent, ne se révèle pas. Mais, d'autre part, si un animal d'organisation inférieure apprend grâce à son expérience personnelle, nous possédonsles meilleures démonstrations possibles de l'adaptation intentionnelle obtenue par la mémoire consciente. Par conséquent, notre criterium s'applique à la frontière supérieure de l’action non mentale, et non à la frontière inférieure de l’action mentale, »
Ou bien encore, adoptant la terminologie commode de Glifford, nous devons toujours nous rappeler que nous ne pouvons jamais connaître les états mentaux des êtres mentaux, autres que nous-même, en qualité d'objets; nous ne les connaissons que comme éjects, ou projections idéales de nos propres états men-
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nous ne pouvons entaux, autres que
connaissons que ropres états men-
ral tu SR ER
: taux. Et c’est de ce fait de psychologie que naît la difficulté à i appliquer notre criterium de l'esprit à des cas particuliers, sur- “tout aux animaux inférieurs. Car si l'évidence de l'esprit, ou de
la capacité de choisir, doit être ainsi toujours éjective, et non objective, il est clair que l'évidence doit diminuer lorsque nous passons d’esprits que nous pouvons présumer analogues au nôtre à des esprits que nous devons présumer en être fort dissemblables, et passant par des phases graduelles à des non-esprits. Autrement dit, bien que la certitude dérivée des éjects soit pratiquement regardée comme suffisante dans le cas d'organisations mentales présumées fort analogues à la nôtre, cette évidence inspire de moins en moins de confiance et est moins sûre, à mesure que l’analogie s’efface ; aussi, lorsque nous en venons à des animaux très inférieurs, où l’analogie est minima, nous ne savons trop si nous devons leur accorder ou non une existence éjective. Mais, il me faut encore le répéter, ce fait, qui provient de l’état fondamental d'isolement de l'esprit, n’est pas un argument contre mon criterium de l'esprit en tant que le meilleur criterium possible ; en fait, il tend à montrer qu'aucun meilleur criterium ne saurait Ôtre trouvé, puisqu'il montre qu’on ne peut “espérer le découvrir.
: Le second point qu'il y ait à noter, à l'égard de ce crilerium, test le suivant. Je cite encore d’après l'/ntelligence des animaux : … « Pour le sceptique, ce criterium peut paraître peu satisfaisant, puisqu'il repose non sur la connaissance directe, mais sur l’induc- “tion. Cependant il suftit de remarquer, comme nous l'avons déjà fait, que c’est le meilleur criterium que nous puissions avoir ; en outre, ce genre de scepticisme doit logiquement nier l'évidence de l'esprit, non seulement dans le cas des animaux inférieurs, Mais aussi dans le cas des animaux supérieurs, et encore dans le cas de tout homme autre que le sceptique lui-même. En effet, toutes les objections qu’on peut adresser à l'emploi de ce criterium “de l'esprit chez l'animal s'appliquent avec non moins de force à Aa preuve de tout esprit autre que celui de la personne même qui
fait les objections. Ceci est évident, car, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, la seule évidence que nous puissions avoir de l'esprit objectif, est celle qui est formée par les activités objectives ; et
“comme l'esprit subjectif ne peut s’assimiler avec l'esprit objectif au point d'apprendre par sentiment personnel les processus ,nen-
“aux qui accompagnent chez ce dernier les activités objectives, il
est évidemment impossible de satisfaire quiconque veut douter de la validité de l'induction d’après laquelle des processus mentaux accompagnent les activités objectives chez les autres êtres,
« C’est ainsi que la philosophie se trouve hors d'état de réfuter d’une façon péremptoire l’idéalisme, si extravagante que soit la forme qu'il revêt. Toutefois, le sens commun sent partout que l'analogie est ici un guide plus sûr pour arriver à la vérité, que la demande sceptique d’une évidence impossible à fournir ; de telle sorte que si l'on accorde l'existence objective des antres organismes et de leurs activités — postulatum sans lequel la psychologie comparée et les autres sciences ne seraient qu’un rêve immatériel — le sens commun conclura toujours et sans hésitation que les activités des organismes autres que le nôtre propre, lorsqu'elles sont analogues à celles des activités que nous savons être accompagnées de certains états mentaux, sont, chez eux, accompagnées par des états mentaux analogues. »
Pos en tan annon lesque ment.
Les humai culière rencor où ils des élé êtres a fait d' veux. | lions d besoin:
fénctio
: Onr lés être des hy on ait | anima contre Part
UX
, veut douter de cessus mentaux res êtres.
l’état de réfuter nte que soit la nt partout que la vérité, que la ournir ; de telle les antres orgaquel la psychoqu'un rêve imt sans hésitation tre propre, lorsous savons être hez eux, accom-