‹ L'évolution mentale chez les animauxChapitre 41 sur 65 · CA · texte numérisé non relu

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Enfin, «un curieux exemple de dérangement récent d'habitudes s'est présenté en Jamaïque. Avant 1854, le Tachornis phœnicobea habitait exclusivement les palmiers dans quelques régions de l'île. Puis,'une colonie s'établit dans deux cocotiers à Spanish-Town et y demeura jusqu’en 1857, époque à laquelle un des arbres fut abattu par le vent et l’autre dépouillé de son feuillage. Au lieu de chercher d’autres palmiers, les tachornis chassèrent les hirondelles qui construisaient dans la façade de la Chambre d'assemblée et en prirent possession, construisant leurs nids sur le haut des murs du bout et dans les angles des poutres et poutrelles : on les y voit encore en nombre considérable. On a remarqué qu’ils font leurs nids avec beaucoup moins de soin que lorsqu'ils les construisaient dans les palmiers ; cela tient sans doute à ce que les nids sont moins exposés (1) ».

De l'instinct de la nidification, passons à celui de l’incubation. Je citerai d'abord quelques résultats d'observations et d’expériences faites par moi, il y a plusieurs années, et publiées dans Nature, d'où j'extrais la citation. Dans ces cas, la plasticité de l'instinct maternel fut démontrée par le fait que l'instinct était tout entier préoccupé de petits d’autres animaux, bien qu’il soit amplement évident que les marâtres s’apercevaient de la nature extraordinaire des petits élevés par elles. C’est même à cause de celte évidence que je cite ces exemples, car autrement on pourrait plutôt les regarder comme des exemples de variation non intelligente de l'instinct, telles que celles que nous avons examinées au chapitre précédent.

Mais comme l'intelligence des animaux était révélée par la manière dont ils adaptaient leurs instincts ancestraux aux besoins de leur petite famille d'adoption, ces exemples peuvent plutôt être utilisés comme preuve de la varialion intelligente de l’instinct (2).

(1) Wallace, Natural Selection, chap. vi; s’y reporter pour quelques-uns des exemples précédemment cités, et aussi pour d’autres exemples, (2) Le désir d’avoir de la progéniture, qui s'élève lorsque l'instinct paternel

Æ n'est pas satisfait, pousse même un animal aussi intelligent que l'est l'homme à

adopter des enfants; ct la passion proverbiale des vicilles filles pour les chats, chiens et autres animaux domestiques est probablement le parallèle des cas cités

dans le texte ci-dessus, d'animaux femelles adoptant les petits d'autres espèces.

À ce sujet, je citerai le récit suivant qui m’a été envoyé par un ami que je sais

4 êlre un observateur exact et consciencieux; car il montre que, même parmi les MR oiseaux à l’état de nature, le désir de la progéniture peut les pousser à adopter

10N MENTALE cHEZ LES ANIMAUX:

212 L'ÉVOLUT ji est bien connu que les poules d'Espagne ne couvent presque le p jamais ; mais j'en ai une de race pure; qui vient de couver de faux pous œufs pendant trois jours, et dont la patience à été épuisée au bout qu'il de ce temps. Néanmoins, elle à semblé penser que Je sacrifice vo- da { jontaire qu'elle avait accepté durant ces trois Jours méritait quel- dus que récompense, car, EN quittant son nid, elle s'improvisa mère l'exp adoptive de Luis les poussins d'Espagne dans a basse-cour: A y sra; en avait seize; de tous les àges, depuis de tout petits que leur L mère venait de quitter jusqu'à des poulets bien développés. Il est jadis curieux aussi que, malgré qu'il ÿ ent des poulets des races brahma D dont a guise, a poule ESPAGNE FOND ait ceux de son L. déme gate semaine ue EN ir do . temp produite ; mais la mère de manifeste jusqu'ici auour désir de se L pond débarrasser de sa progéniture hétérogène, malgré que quelques- Hole uns de ses enfants adoptifs soient devenus presque aussi grands ; PS * qu'elle. s’efle( “ Le fait suivant est cependant un meilleur exemple de ce qu'on D mais: peut appeler Ja plasticité de l'instinct. H'Y à {rois ans, je confiaià D blière \ une poule de prahma un œuf de paon, pour Je couver. La poule qu'ils était vieille et avait élevé de nombreuses couvées de poussins avec poule un succès extraordinaire, mème eu égard a sa race. Pour faire DR comig éclore le pelit pau, elle dut couver l'œuf pendant une semaine D: dirai de plus que cela n’est nécessaire pour les poussins de poule; mais Me avaitl iln'y a là rien de bien anormal, Car, comme le fait remarquer : tenant M. Spalding, il en est de mème toutes les fois qu'une poule élève D2 pench. une couvée de canetons (1). Mon but, en faisant cette expérience, & 1 est par était de m'assurer si la période des attentions maternelles qui 1 la hou suit l'ineubation peut, dans des conditions particulières, se pro: i erem it a Pa ab, Er 1 Ed PO pod 4 vint, à onger ane Le cou pus lon ue en 8 A | 4 voulu 1 x domestiques, ainsi E Aavec u

es espèces, de même que chez les oiseau es exemples dans le texte.

ouvai un nid de roitelet contenant de jeunes ois

let et un moineau. Je m'assurai que les petits étaient ai que Île moineau continuait à les nourrir après qu'il des deux oiseaux était très différente, le roitelet au nid, le moineau étant très timide st venail |

ultat 'époqt n fut

les petits d’autr eaux qui

qu'i va en être donné d « En juillet 1878; je tr étaient nourris par un roite des roitelets, et je remarqu eurent quitté le nid. La conduite venant hardiment et incessamment moins souvent. »

(1) La plus grande durée du temps d'i

à propos d’une femelle de paon, qui couva mois sans interruplion ; il fallut la chasser

connue à été observ condés durant quattt er sa vie,

neubation que jaie Aes œufs non fé du nid pour s&uv

nt presque ‘ le poussin de poule. Comme Ja séparation entre la poule et les ver de faux poussins semble toujours venir de ce que la mère les chasse dès sée au bout qu'ils sont en état äe pourvoir à leurs besoins eux-mêmes, je acrifice vO- m'attendais à peine à ce que la poule prolongeàt dans ce cas la éritait quel- durée de la période normale des soins maternels, et je ne tentai rovisa mère l'expérience que parce que je croyais que, si elle le faisait, le fait se-CoUr- ny serait ui des meilleurs qu'on pût imaginer pour montrer à quel tits que leur degré l'instinct héréditaire peut être modifié par des expériences 10 ppés: 1 est individuelles, particulières. Le résullat nt très surprenant. Pen- LA 06S brahma } dant la longue période de dix-huit mois, cette vieille poule brahma ; ceux de s0n demeura avec son poussin toujours grandissant, et durant tout ce adoption s'est temps elle veilla sur lui avec une attention incessante. Elle ne un désir de se pondit aucun œuf durant cette période pre'ongée de soins materque quelques nels, et, si elle était un instant séparée de son poussin, mère et . enfant en étaient très alarmés. La séparation finit cependant par

je aussi gl'à

s'effectuer, en apparence du moins : elle sembla venir du paon ;

de ce qu'on mais il faut remarquer que, malgré cette séparation, ils ne s’ouple confiaià D blièrent jamais, comme semblent le faire poules et poussins. Tant cp” . a poulk Æ qu'ils restèrent ensemble, la vanité anormale manifestée par la rer avec , poule au sujet de son merveilleux poussin était extrêmement . pour faire b comique : je ne puis cependant guère entrer dans les détails. Je

D: dirai toutefois que, tant avant qu'après la séparation, la mère P: avait l'habitude de peigner souvent la huppe de son fils : elle, se tenant sur un siège ou sur quelque autre objet assez élevé; lui, és sa tête en avant avec une satisfaction évidente. Ce fait est particulièrement digne de remarque, car l'habitude de peigner gernelles qui P houppe est chose courante chez les paons femelles. Pour finir, s me es, se pro” î je remarquerai que le paon élevé par cette poule de brahma detee Desoin de À vint, à tous les points de vue, plus beau que n'importe lequel des 20 esoin Æ 2 autres paons de la même dite élevés par leur mère. Mais ayant 4 voulu tenter de nouveau cette même expérience, l’année suivante, aux domestiques: ainsi 4 avec une autre pouls de brahma et plusieurs jeunes paons, le ré- [a sullat fut bien différent, car la poule abandonna sa famille à den A'époque où les poules chassent leurs poussins, et la conséquence dupe qu'is Pen fut que les jeunes paons périrent misérablement (1). à différente, le roitelt = Je rapporte encore le très instructif cas qui suit, d’après les À ant très timide et es ŒMileanings de Jesse (2), parce qu'il a été confirmé, dans tous ses dé- Quils, inconsciemment et d'une façon indépendante, par une cor-

ant une semaine s de poule; mais e fait remarquer wune poule élève cette expérience

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nt de jeunes rai que \es P

eaété observé à 4 durant quaift L A (1) Nature, oc1. 98, 1875,

gie connu I DA 6) Vo. 1er, p. 08.

h fécondé L gauver #8 Vie:

de Glasgow. En fait, la similideux descriptions doivent avoir tre assuré, Car l'ayant andu qu'elle ne pouce point est de mé-

Mr L. Mac Farlane, je pense que les

respondante, tude est telle que trait au même inci demandé à M°° MacF vait me renseigner sur diocre importance, car

dent ; mais je ne puis en È arlane, celle-ci m'a rép ce point. Toutefois, ma correspondante tient l'histoire, directement et de première main, de la dame à laquelle les oiseaux appartenaient, et qu’elle connaissail intimement ; de sorte que si Je fait n’est pas le mème que celui qu'a rencontré Jesse, l’analogie est telle que la mème description s'applique à tous deux. « Une poule, qui avait élevé trois couvées de canards pendant trois années conséculives, s'habitua à les voir prendre l'eau, el volait jusqu'à une grande pierre située au milieu de la mare, el de là surveillait tranquillement et sans inquiétude Sa couvée, qui nageait autour d'elle. La quatrième année, elle couva $E$ propres œufs, et, voyant que $6$ poussins n’allaient pas à l'eau comme l'avaient fait les canetons, elle vola à la pierre, au milieu de la mare, et de là les appela avec force encorragements. Ce souvenir des habitudes de s6$ couvées précédentes n'est pas médioerement

curieux. »”

Ma correspondante, M: Mac Farlane, en cite encore un Gëÿ très analogue, mai quable encore, qui a été observé par sa sœur, M'° ntyre. Dans Ce cas, une poule avait n trois ans consécutifs,

s plus remar Mac Killar, de Tarbert, Ca aussi élevé trois couvées de canetons, € puis elle couv une famille de neuf poussins. La saison étant avancée, on les garda quelque temps enfermés, jusqu’à ce qu'ils fussent devenus assez robustes pour affronter le froid. ‘lors, pour me servir des expressions de ma correspondante, ( le premier jour qu'elle fut en liberté, elle disparut : après de longues recherches, ma sœur finit par les trouver près d'un petit ruisseal que ses couvées de canetons avaient eu l'habitude de fréquenter. Elle avait déjà introduit quatre de ses poussins dans le ruisseal heureusement très peu profond à cette époque. Les cinq aulrti | étaient sur le bord, et elle s'efforçait de leur persuader, pal toutes sortes d'arguments de poule, et aussi en les poussant tour à tou! avec son bec, d'entrer aussi à l'eau. »

Ces cas montrent clairement que, dans une portion de la vil 4 individuelle d'une poule, l'observation intelligente et la mémoire : peuvent jeter les bases d'un nouvel instinct, adapté à des changé! 4

ments considérables et subits dans 16s habitudes de la progéni mA

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