TRESSE, ÉDITEUR
8, 9, lOy 11, GALERIE DU THÉÂTRE-FRANÇAIS
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Il a été tiré à part dix exemplaires numérotés sur papier de Hollande*
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A défaut d'autre originalité, j'ai le mérite de lire les livres dont je veux parler.
On ne se donne plus la peine de lire. Pour bien connaître un romancier, un auteur dramatique ou un çoële, il faut passer trop d'heures en tète-à-tète avec lui. Un tas effrayantde cinquante volumes remplace, à notre époque de production fiévreuse, le livre unique du XVIP siècle.
Aussi, c'est a peine si la critique courante daigne feuilleter un roman de temps à autre. Il existe des clichés pour tous les ouvrages d'un même auteur. Le bon bourgeois a l'opinion de son journal. Il pousserait des cris si l'on troublait sa digestion par une étude un peu neuve.
Mais le temps, avec son insensible apaisement, abat autour d'un écrivain les haines et les dédains ignorants. Victor Hugo et Balzac ont été presque aussi injuriés que M. Emile Zola.
Ni les clameurs du public scandalisé,
iVî co tas d*insuUeiirs aboyaat à leurs chausses,
ne les empêchent de porter sur leurs épaules la littérature française du XIX* siècle.
Mon ambition serait de devancer le travail des années sur les écrivains naturalistes, les ouvriers de la dernière heure qui continuent la besogne des romantiques et chassent du roman, de la poésie et du théâtre « le classicisme et sa queue *. »
Je ne cache pas ma sympathie et mon admiration. Voilà recueil. Peut-être, sans l'avoir prémédité, aije écrit une œuvre de lutte, une de ces œuvres qu'on se jette à la tète, lorsqu'on ne peut se casser des petits bancs sur le dos, comme à Hernani,
Affirmer très haut ses convictions, — même en faisant quelques réserves — , n'est-ce pas courroucer autant l'ennemi que si on le prenait directement à partie? Un éloge de M. Becque est une insulte pour ses détracteurs. Qui sympathise avec M. Cherbuliez, déteste d'instinct Flaubert. Quand on est passionné d'art nouveau, on jette inconsciemment quelques pierres à l'art ancien.
Je l'avoue, au risque d'offenser une foule de bonnes âmes, Vahbé Constantin me semble niais : les romans de M. Georges Ohnet me font dresser les cheveux sur la tête, et mon immoralité savoure