Dcmeunier, Esprit des différents peuples^ I
tique de cette zone servile. Les souverains de Loango, dit Battel, gouvernent les éléments ; leurs sujets les avertissent quand ils ont besoin de pluie, et, pour en obtenir, pour crever les outres célestes, le roi n'a qu'à décocher une flèche vers le ciel. En présence du roi de Loango, les grands du royaume se jettent à ses pieds, se roulent dans la poussière. Lever les yeux sur le roi est un crime de lèse-majesté. Des enfants, même un fils du roi âgé de onze ans, ont été mis à mort pour un tel méfait. Un chien fut assommé pour avoir eu l'audace de caresser le roi pendant qu'il buvait ^ — Le roi d'Ardra était servi à genoux. On rendait hommage aux plats qui allaient à sa table ou en revenaient; regarder ces aliments sacrés était un attentat digne de mort^ — Quand les Azanaghuis, voisins de l'île d'Arguin, sollicitent des grâces, ils se tiennent dans la cour du roi, nus, le front dans la poussière dont ils se couvrent d'ailleurs la tète et les épaules. Ils rampent vers le maître en se saupoudrant le corps de poussière ^ — Devant le roi de Bénin, les courtisans se tiennent accroupis, les coudes sur les genoux, sans lever les yeux. Pour se retirer, ils rampent à reculons*. — Quand le roi de Bénin vient à mourir, on jette dans une grande fosse creusée en forme de bouteille une foule de ses serviteurs, de ses esclaves, et on lés y laisse mourir de faim ^ — Au palais d'Issiny, quand on obtient une audience, on commence par se prosterner le visage contre terre; puis deux marabouts vous couvrent dépoussière. Après quoi, on doit se remplir la bouche de sable, ramper vers le monarque, cracher son sable et faire enfin sa harangue ^