Loyor, cité par Démeunier, I
Les royaumes de Dahomey et d'Achanti sont de parfaits modèles de ces petites monarchies africaines. Au Dahomey, il faut se tenir éloigné du roi d'une vingtaine de pas au moins. A-t-on quelque chose à lui demander? on commence par baiser la terre, puis on confie sa requête à Foreille d'une vieille femme, la dakro^ qui va la transmettre au roi, mais en marchant à quatre pâlies. La dakro a l'oreille du roi; elle est donc par cela seul un personnage important, aussi les gens du populaire se prosternent devant elle^ Parler de la mort, à Jouidah, en présence du maître, dit Bosman, c'est un sacrilège, une offense capitale'. 11 va de soi que, dans le Dahomey comme dans le Bénin, tous les hommes sont les esclaves du roi, toutes les femmes sont à sa disposition ^. — Le roi de l'Achanti semble un peu moins absolu, puisque, dans les questions de guerre ou de paix, il doit prendre l'avis du conseil des chefs, des capitaines, lequel a droit de veto; puisque, de plus, il doit observer les coutumes nationales^; mais il n'en est pas moins honoré comme un dieu. Quand il crache, des enfants, faisant office de pages, couvrent de sable l'expectoration royale ou l'essuient pieusement avec des queues d'éléphants; quand il éternue, tous les assistants mettent deux doigts en travers sur leur front et sur leur poitrine^. La troupe de pages enfantins qui l'accompagnent, en portant des arcs-féliches, des flèches-fétiches, a droit de pillage sur son parcours. Les poids dont il se sert sont d'un tiers plus pesants que ceux de son peuple®; il hérite de tout l'or que peuvent possé-